>>DEATHS 2003      
   
       
Nombre Nom Date SM Unité
2003-42 Frère John Gilfether 24 décembre 2003 USA
2003-41 Frère Jacinto Velasco Armentia 19 décembre 2003 Colombia/Ecuador
2003-40 Frère Jean Léonard Hubert Dorr 19 décembre 2003 France
2003-39 Père Louis Cazals 6 décembre 2003 France
2003-38 Frère Pierino Cagna 5 décembre 2003 Italy
2003-37 Frère Willy Schommer 26 septembre, 2003 France
2003-36 Père Akira Laurent Tsuda 5 septembre 2003 Japan
2003-35 Frère Abilio Fraile Ruiz de Ojeda 4 septembre 2003 Madrid
2003-34 Frère Pierre Didierlaurent 23 août 2003 France
2003-33 Père Robert Lewandowski 13 août 2003 USA
2003-32 Frère Charles Delavaud 10 août 2003 France
2003-31 Frère Edward Prochaska 1 août 2003 USA
2003-30 Frère George Schuster 26 juillet 2003 USA
2003-29 Père Bernard Stueve 26 juillet 2003 USA
2003-28 Frère Nicolas Matter 11 juillet 2003 France
2003-27 Père Melchor Alegre 11 juillet 2003 Zaragoza
2003-26 Frère Eugene Claret 9 juillet 2003 Switzerland
2003-25 Père Louis Reile 25 juin, 2003 USA
2003-24 Père Alphonse Sirlin 21 juin 2003 France
2003-23 Père Joseph Knobloch 17 juin 2003 France
2003-22 Frère José Jeremías Arroita Bilbao 10 juin 2003 Zaragoza
2003-21 Frère Pierre Alphonse Freyburger mai 28 2003 France
2003-20 Père Alberto Echeverría y Martín 13 mai 2003 Zaragoza
2003-19 Frère Wilhelm Kreutzer 7 mai 2003 Austria/Germany
2003-18 Frère ángel Gallo Renes 6 mai 2003 Madrid
2003-17 Frère Edouard Billmann 1 mai 2003 Japan
2003-16 Frère Fumikazu Paul Sugiyama 27 avril 2003 Japan
2003-15 Frère Louis N. Schott 6 avril 2003 USA
2003-14 Père François Isidore Heitz 4 avril 2003 France
2003-13 Frère Marion T. Pietkiewicz 30 mars 2003 USA
2003-12 Frère Kikuichi Michel Matsuoka 21 mars 2003 Japan
2003-11 Frère Juan Antonio Régil Laiseca 16 mars 2003 Zaragoza
2003-10 Frère Arsène Volkringer 13 mars 2003 France
2003-09 Père José Ricardo Unzueta Aguirrezabala 5 mars 2003 Madrid
2003-08 Frère John Eugene Krus  4 mars 2003 USA
2003-07 Père Roger Ninféi 28 février 2003 France
2003-06 Frère Joseph Edward Maly 9 février 2003 USA
2003-05 Frère Louis T. Neugebauer 1 février 2003 USA
2003-04 Frère Jesús María Puente Sanz 26 janvier 2003 Madrid
2003-03 Père Hideichi Augustin Kozasa 16 janvier 2003 Japan
2003-02 Père Antonio Farrás Esquivel 10 janvier 2003 Madrid
2003-01 Frère Charles A. Walke 10 janvier 2003 USA
         

2003-42

La Province des Etats-Unis d’Amérique recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, JOHN GILFETHER, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 24 décembre 2003 à Dayton, Ohio, dans la 90ème année de son âge et la 71ème de sa profession religieuse.

John Peter Gilfether était né le 21 août 1914 à Cleveland, dans l’Ohio, fils de John et de Maud Gilfether, le premier des trois enfants de cette famille. Il a perdu son père alors qu’il n’avait encore que cinq ans. Son intérêt pour les Marianistes remonte à l’année 1929, celle de son entrée au Collège Latin relevant de la cathédrale de Cleveland. Le futur Frère John acheva ses études secondaires à l’école Préparatoire de Mont Saint Jean en 1932 et émit ses premiers vœux de religion le 15 août 1933. Il fit sa profession définitive à Honolulu aux Iles Hawaï en juillet 1937.

La carrière de religieux enseignant du Frère John, allant des années 1930 jusqu’au début des années 1960, l’a fait passer à Pittsburgh, Honolulu, Dayton, Cleveland, Washington (D.C.), Brooklyn, Mineola et Baltimore. De 1938 à 1940, soit très peu de temps avant l’invasion de Pearl Harbour, le Frère John a enseigné au collège St Joseph à Yokohama à des enfants de familles expatriées au Japon. Il obtint un premier diplôme de pédagogie à l’Université de Dayton en 1947 et un diplôme de licencié en éducation religieuse de l’Université catholique de Washington D.C. en 1952.

En 1963, le Frère vécut un changement important en partant pour l’Afrique où il a enseigné et œuvré pendant quelque 18 années. Pour commencer, il travaillait dans l’établissement secondaire de Nkhata Bay au Malawi. Neuf ans plus tard il se mit à enseigner la catéchèse au grand séminaire Kachebere au Malawi. C’est lui qui a fondé et dirigé un certain temps le département catéchétique de ce séminaire. Il enseignait en outre au scolasticat marianiste à Nairobi au Kenya. Pendant sa période africaine, le Frère John s’est investi dans l’équipe de formation Marianiste, chargée de la zone africaine. Il était également membre du centre de formation pour les religieux africains. Et c’est encore lui qui rédigea plusieurs dossiers à la demande de la Propagation de la Foi à Rome.

Le Frère John est retourné aux Etats-Unis et s’y est dévoué dans plusieurs domaines, comme par exemple pour le programme familial à Cape May, New Jersey et St John’s Home à Rockaway Park à New York. – Il était un mordu des sports de piste au point d’entraîner, en vue de championnats, plusieurs équipes d’étudiants de high schools. « Le Frère fut un entraîneur très exigent, organisant l’entraînement les 365 jours de l’année, et ce par tous les temps, qu’il y ait du soleil ou qu’il pleuve », disait de lui le Frère Jim Vorndran, qui avait connu le Frère John depuis les années 1960. « Il entraînait des champions au niveau national dans l’Ohio et à New York. Personne ne parvenait à dépasser ses équipes. Elles étaient imbattables. » Trois anciens membres des équipes sportives du Frère John ont tenu les cordons du poêle lors de ses funérailles le 27 décembre en la chapelle Reine des Apôtres à Dayton.

Le Frère John avait souffert d’arthrite psoriasique pendant des dizaines d’années sans se plaindre. « Il gardait sa bonne humeur, malgré la douleur » disait de lui le Frère Vorndran. « Il offrait ses souffrances pour d’autres. Il s’informait toujours des maladies des autres plutôt que de s’attarder sur la sienne. Il était animé d’un très grand esprit de foi. »

A l’époque de son décès, le Frère Jean séjournait dans la section pour grands malades dans la communauté Mercy Siena  à Dayton. - Nous remercions Dieu pour la vie du Frère John, ses dons d’enseignant et son amour de la Société de Marie.

2003-41

La Région du Colombie-Equateur recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, JACINTO VELASCO ARMENTIA, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 19 Décembre 2003 à Santa Fé de Bogotá, Colombie, dans la 87ème année de son âge et la 70ème de sa profession religieuse.

Jacinto Velasco Armentia, fils d’Aquilino et Baldomera, ses parents, est né le 10 février 1917 à Montoria (Alava). Il entra au postulat d’Escoriaza le 28 septembre 1929. Et ce fut à Ellorio qu’il émit ses premiers vœux de religion le 10 juillet 1934. Au cours de la guerre civile espagnole, il servit successivement dans les régiments Zamora et San Marcial. Don Jacinto s’est exprimé très peu sur ses expériences du temps de la guerre ; il lui avait fallu, à l’époque, manger tellement de conserves de sardines qu’il ne voulait plus en goûter pour le restant de sa vie. Il fut démobilisé le 26 décembre 1936. Et il émit ses vœux définitifs à Escoriaza le 5 août 1942.

Don Jacinto fut excellent comme professeur et comme directeur pédagogique. C’est en 1937 que débuta sa carrière d’enseignant auprès des petits enfants à Cádiz. En 1940, il fut chargé à Madrid de l’enseignement des élèves nouvellement inscrits. De 1942 à 1956  il était professeur, puis sous-directeur de l’école à Saint Sébastien. En 1957, il fit un second noviciat à Castelgandolfo. En 1958, il fut chargé de la direction du scolasticat de Saragosse et, en 1960, il retourna à Saint Sébastien, où il remplit à nouveau les fonctions de sous-directeur de cette école. En 1964, il fut nommé directeur de l’école de Saragosse.

C’est le 22 novembre 1967, qu’il arriva en Colombie pour y remplir les fonctions de responsable de l’école inter-paroissiale  «Curé d’Ars» dans le Sud (CISSCA). Alors que Jacinto et la communauté marianiste s’apprêtaient à assumer la direction de l’école, tant pour l’enseignement et la pastorale que du point de vue économique, ils découvrirent cet établissement, qui avait appartenu à la fondation St Antoine de l’archi-diocèse de Bogotá, dans une situation de ruine quasi totale. La toute première tâche, celle d’assurer un minimum d’infrastructure matérielle (qu’il s’agisse de fenêtres ou de peinture de planchers), fut assurée par la communauté elle-même. Ainsi Jacinto se dévoua sans se lasser durant quelque vingt ans au service de la CISSCA. Tantôt, il était directeur, tantôt professeur, mais toujours administrateur. Il était vraiment l’âme de l’œuvre de 1967 jusqu’en 1987, année de son départ.

Le 13 novembre 1982, il fut renversé par un bus à Bogotá dans la ville basse. Accident grave s’il en fut, d’autant que Jacinto se trouvait seul au moment des faits. C’est grâce à la protection de la Vierge et à son désir intense de surmonter le malheur, qu’il est parvenu à reprendre complètement le dessus. Une fois que l’Unité naissante de Colombie commençait à tenir une comptabilité, Jacinto en devint l’administrateur, d’abord au niveau de l’Unité, puis de la Région. En 1999, il cessa cette activité pour devenir l’Assistant de l’Administrateur Régional.

Quittant l’enseignement en 1997, il partit à la communauté de La Madeleine dont il fut le Directeur aussi longtemps que la Règle de Vie autorisa la chose. En 1995, il se fit opérer aux deux hanches. Il a fort bien récupéré de ces interventions encore qu’avec lenteur. En cette même année, l’on devait découvrir chez lui un mélanome malin; des traitements de chimiothérapie, entrepris d’abord en Suisse à l’initiative du Père Artadi et plus tard, devenus possibles dans le pays, n’ont pas réussi à juguler le mal; et peu à peu son état de santé s’est mis à décliner.

En l’année 2003, l’affaiblissement devenait de plus en plus apparent, et les périodes de léthargie se prolongeaient. Il passa au lit toute la journée du mercredi 17 décembre sans quasiment dire un mot. Le 18,  il semblait éprouver des difficultés à reconnaître les gens, puis le vendredi 19, à 10h10 du soir, ce patriarche des Marianistes de Colombie a rejoint le Père.

2003-40

La Province de France recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, JEAN LÉONARD HUBERT DORR, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 19 Décembre 2003 à Antony dans la 73ème année de son âge et la 54ème de sa profession religieuse.

Jean Dorr est né le 30 mai 1931, à la Calamine, (Province de Liège), en Belgique. Par un filleul de sa maman, instituteur à St Ambroise de Liège, établissement dirigé par les religieux marianistes, Jean est orienté vers le postulat de Rèves en septembre 1943. Doué d’une intelligence pratique et d’une habileté manuelle dans le travail du bois, il est confié à un artisan de Sart-à-Rèves pour y apprendre la menuiserie. En septembre 1948, il commence son noviciat en France, à Antony, dans la région parisienne. Cette période de formation, à l’époque, ne dure qu’un an, mais les futurs frères-ouvriers sont amenés à la prolonger de 6 mois. C’est le 20 mars qu’il prononce ses 1ers vœux à La Tour de Sçay (département du Doubs), où s’est transporté le noviciat en septembre 1949.

C’est avec un frère-ouvrier chevronné, Charles Theissen, qu’il va parachever sa formation professionnelle, au Collège Fénelon de la Rochelle (Charente Maritime), de 1950 à 1952. Celle-ci terminée, il va rejoindre sa Belgique natale.

C’est à Rèves qu’il va passer la première partie de sa vie active, avec une interruption de 18 mois de service militaire (1954-56).

Mais, ses talents multiformes, son habileté manuelle, son sens du contact font que son activité ne se cantonne pas dans son atelier : il rend de multiples services, en bon frère ouvrier, pour l’entretien de la maison, au service des élèves du collège Ste Marie dont il assure le transport scolaire, des frères de la communauté, du corps professoral de l’Institut Ste Marie. Il assure de plus les fonctions d’infirmier tant au collège qui compte de nombreux élèves internes qu’auprès de ses frères.

L’année 1980 constitue un changement de cap dans la vie Jean. Avec le P. Robert Witwicki et Pierre Zians, il fait partie de l’équipe des fondateurs du secteur paroissial de Jauche. Une nouvelle étape de sa vie commence : l’action pastorale au sein du groupe paroissial d’une part, et surtout, après une formation « d’aide-senior » à Bruxelles, la visite et le soin des personnes âgées et des malades, d’autre part, donnent une orientation nouvelle  aux activités de notre frère.. « Ma vie a basculé, confiait récemment Jean à un proche, je me suis réalisé dans cette vocation d’aide-senior pendant les 15 ans passés à Jauche et dans les villages voisins ».

En 1996, il profite du passage à la retraite officielle pour prendre une année sabbatique consacrée à une formation aux soins palliatifs, à Villejuif, en banlieue parisienne, et c’est encore à Jauche, qu’il travaillera dans le cadre des soins infirmiers à domicile, aux visites des personnes âgées, malades, infirmes.

Nommé à la Maison St Jean d’Antony en 1999, il s’occupera avec beaucoup de compétence et de dévouement de ses frères âgés souffrants, handicapés ou hospitalisés. 

En novembre 2001, suite à un état de fatigue et de troubles digestifs, une intervention chirurgicale permet de déceler un cancer de l’intestin. Mais l’intervention est trop tardive. Le mal a fait son œuvre, la cancer s’est rapidement généralisé, attaquant en particulier le foie. Après deux ans de soins et des mois de souffrances, Jean nous quitte quelques jours avant Noël après avoir supporté le mal et la souffrance avec un courage exemplaire.

2003-39

La Province de France recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, LOUIS CAZALS, prêtre, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 6 Décembre 2003 à Lavaur dans la 94ème année de son âge et la 77ème de sa profession religieuse.

Louis Cazals, le plus jeune d’une famille de 5 enfants, est né le 4 avril 1910 à Camps-Lagrandville (Aveyron); deux de ses sœurs sont religieuses : Lucie, qui a maintenant de 95 ans, est Marianiste dans la communauté de Auch. 

En 1922, il entre à l’école Sainte-Marie de Montauban, dirigée par les Marianistes ; c’est en fait un postulat, un juvénat. En 1926, il entre au noviciat à Saint-Rémy-Signeuls (Belgique) et fait sa première profession religieuse le 12 septembre 1927.

Après son temps de formation, en 1931, il est nommé à la communauté marianiste de Tunis ; et commence sa carrière d’enseignant. Durant l’année 1932-1933, il fait son service militaire…à Tunis, où il restera encore une année.

Après une année passée à Bordeaux, il est admis au séminaire de Fribourg (1935-1939) ; il est ordonné le 15 août 1938. En 1939, il est mobilisé, mais sera réformé pour raison de santé.

De 1939-1943, il est professeur et censeur à Stanislas de Cannes ; de 1943 à 1946, de nouveau à Bordeaux-Caudéran.

En 1946 il est nommé Directeur du Collège marianiste Stanislas à Cannes, poste qu’il gardera durant 20 ans. Il gardera toujours un souvenir précis des activités réalisées dans ce collège qu’il a tant aimé. Durant ces dernières années passées à Fiac, que de fois n’a-t-il pas évoqué tel ou tel événement de cette période, en feuilletant des albums de photos.

Après vingt ans de directorat il cède la barre au Père Beaud et rejoint le collège Grand Lebrun (Bordeaux) jusqu’en 1969. Ensuite, durant 4 ans, il assurera l’aumônerie au collège de Réquista, dans l’Aveyron.

En 1973, il est nommé à Fiac, comme Directeur de la communauté et curé de la paroisse. Il a pris très à cœur ses nouvelles fonctions et s’est investi dans la paroisse de Fiac : il a fait « restaurer » l’église, il s’est occupé des catéchismes, des enfants de chœur… Que de souvenirs gravés dans sa mémoire dont il se faisait un réel plaisir de les rappeler à ceux qui, ces dernières années, venaient lui rendre visite.

En 1985, pour des raisons de santé, il demande à être déchargé de son ministère paroissial : le Père Jean-Marie de Miscault est venu lui succéder ; mais, nous dit le Père Cazals, « il est parti avant moi ».

Au mois d’avril de cette année 2003, le Père Cazals est très affecté par le décès du Père Isidore Heitz : il perd un confrère, un ami, un confident : « c’était à moi de partir et non pas à lui… »

Le poids de l’âge se fait sentir ; Louis Cazals ne sort guère de sa chambre.

Le 10 novembre au soir, il fait plusieurs chutes. Le 11 novembre, il est hospitalisé à Lavaur pour ennuis cardiaques… Cette immobilisation sur un lit d’hôpital a été une grande épreuve pour lui. Ses forces diminuent, et il s’en rend compte : « je suis anéanti…C’est fini » .

Le 27 novembre au soir, à la suite d’une hémorragie, il a est admis aux « soins intensifs ».

Le 28 après avoir reçu le sacrement des malades, malgré sa grande fatigue, il exprime sa joie :  « Je suis heureux… Je reçois le sacrement des malades…. Je suis très heureux… Je vous salue Marie…. priez pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort… Je suis heureux… ». Il retrouve la sérénité, l’apaisement…

A un prêtre de la paroisse qui lui rendait visite le lendemain matin, il disait : « C’est le plus beau jour de ma vie », et quand il lui a lâché la main, il s’est mis à crier d’une voix faible :  « Le ciel ! Le ciel ! Le ciel ! »

Ces derniers jours il allait à nouveau relativement mieux ; le vendredi 5 décembre, la veille de sa mort, il semblait en pleine forme, plaisantant même ; souhaitant revenir dans sa communauté de Fiac, il me disait : « Tu m’amènes… Si tu ne me reprends pas, j’appelle un taxi ! »

Durant la matinée du samedi 6 décembre son état s’est rapidement aggravé ; l’aumônière de l’hôpital nous a prévenus. Deux Frères de la communauté étaient à ses côtés lorsque le Seigneur l’a rappelé à lui.

2003-38

La Province d’Italie recommande à nos prières fraternelles notre cher frère, PIERINO CAGNA, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 5 Novembre 2003 à Verbania Pallanza  dans la 90ème année de son âge et la 74ème année de profession religieuse.

Pierino Cagna est né le 26 mars 1914 à Lu Monferrato, dans la province d’Alessandria, un village d’un peu plus de 2000 habitants, connu dans  le monde entier pour avoir donné à l’Eglise des centaines de vocations religieuses, dont celle d’un des frères de Pierino,  Son Excellence Mgr Mario Cagna, Archevêque, décédé en 1986.  Après avoir accompli divers services diplomatiques en Hollande, en Italie et au Pérou, Mgr Cagna fut envoyé par le Pape au Japon, comme proNonce  apostolique, en Yougoslavie comme premier Nonce et en Autriche comme Nonce, en promoteur de la « Ostpolitik » de la détente avec les pays communistes.

Après avoir terminé ses études primaires dans l’école de son village natal, le Frère Pierino entra au postulat de Pallanza pour y poursuivre ses études secondaires. C’est le 12 août 1929 qu’il  entra au noviciat de St-Rémy-Signeulx, où il eut le P. Joseph Schellhorn comme Père-maitre. Il garda de lui un souvenir plein de dévotion. Notre Frère prononça ses premiers vœux à Saint-Rémy le 12 septembre 1930, jour de la Fête du Saint Nom de Marie. Il émit ses vœux définitifs à Antony, le  23 août 1936.

C’est dans les communautés de Rome et de Pallanza qu’il passera le reste de sa vie. Il servit à Pallanza pendant quarante ans, travaillant au secrétariat de l’Institut Santa Maria. Des problèmes de santé se firent sentir à partir de 1992, il fut alors accueilli dans la communauté de Villa Chaminade, toujours à Pallanza. Pierino vécut les dernières années de sa vie dans le recueillement et la prière, accompagnant à l’orgue les chants liturgiques. Religieux exemplaire, homme au grand cœur,  il était l’ami de ses élèves - les plus jeunes comme les aînés - et de tous ceux qui l’ont connu. Il vécut ces années en se soignant, affaibli par la maladie.

Les derniers mots de l’homélie prononcée par le Provincial dans l’église paroissiale de Pallanza pendant l’eucharistie de ses obsèques ont su bien décrire la vie de notre Confrère, qui nous a quittés le 5 novembre 2003 : «Cher Frère Pierino, nous te remercions d’avoir donné un tel témoignage ton amour de Dieu ; il est bien présent parmi nous grâce à cette vie simple qui fut la tienne, vécue dans la cordialité envers tes Confrères, tes élèves et tes nombreux amis. Merci du dévouement que tu as exprimé à travers tout le travail que tu as fait pendant ta longue vie… Ta vie, entièrement offerte au service de Dieu en union avec Marie, a contribué à faire naître la lumière  du jour de la résurrection, du jour de la vie éternelle, du jour de la plénitude de l’amour dans le cœur des personnes que tu as rencontrées.»

2003-37

La Province de France recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère WILLY SCHOMMER, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 26 septembre 2003 à Rèves (Belgique), dans la 90ème année de son âge et la 72ème de sa profession religieuse.

Willy Schommer est né le 12 février 1914, à Amel (Amblève). Il était le troisième de quatorze enfants. L'un d'eux est mort en bas âge, un autre fut tué sur le front en Russie et un troisième mourut victime d'un accident de forêt. La famille, très unie, aimait à se retrouver souvent et Willy, quand il pouvait prendre part à ces rencontres, y trouvait beaucoup de joie. Ses neveux et nièces avaient beaucoup de plaisir à écouter les histoires qu'il savait si bien raconter. Ils l'appelaient " Märchenonkel ", l'oncle aux histoires. A l'âge de 14 ans, habité par un grand amour du Seigneur, il rejoignit le postulat de Rèves. Il entra au noviciat de St Remi-Signeulx le 11 septembre 1931; il fit ses premiers voeux le 12 septembre 1932 et sa profession perpétuelle, à Antony, le 28 août 1938.

Au bout de trois ans de scolasticat, à Rèves, il obtint le diplôme d'instituteur primaire au Jury Central (jury d'Etat), le 27 août 1935. Il fut alors envoyé à Chimay, où il resta jusqu'en 1946. Il y vécut les années de guerre, une période marquante de son histoire. La communauté cacha les machines de l'imprimerie des Trappistes pour les sauver de la confiscation par les Allemands. En ces années de restrictions alimentaires, Willy apportait au menu de la communauté et des amis, de jeunes corbeaux qu'il dénichait dans les bois : ils étaient servis comme pigeonneaux. Il dut aussi passer dans la clandestinité, pour éviter d'être enrôlé dans l'armée du Reich, car sa région natale avait été annexée par la puissance occupante. Il trouva abri à Rèves où, sous le nom de Monsieur Dumont, il vécut les jours mouvementés de la Libération. Il rentra alors à Chimay.

En 1946, le collège épiscopal de Chimay reprit comme section préparatoire, l'école primaire des Frères. La population et les anciens élèves de Chimay lui ont gardé un fidèle souvenir. Willy passa ensuite une année scolaire à l'école St Ambroise de Liège. Le 15 septembre 1947, il se retrouve à Rèves où il enseignera jusqu'à sa retraite, en 1976. L'Institut ouvrait alors un pensionnat et, en 1948, la section d'études secondaires. Willy fut chargé d'une classe à plein temps et de la responsabilité de l'internat pour la section primaire. Maître exigeant, il obtenait  discipline rigoureuse et travail sérieux : silence, attention, écriture lisible et soignée. Sa devise était : "une écriture lisible signifie moitié moins de fautes". Les études du soir étaient longues; elles se déroulaient en deux temps : devoirs et leçons, une courte récréation, puis un temps de lecture sur fond de musique classique. S'il fallait punir, pas de copies ou "de lignes" plutôt des travaux d'entretien à faire, avec lui, dans le parc. C'était bien plus gai. L'année scolaire se terminait par un grand jeu et un feu de camp. Il trouvait aussi le temps d'animer une chorale ; qui existe encore jusqu'à nos jours.

Avec un enseignant et son épouse, Richard et Lucie Henriet, avec l'aide des jeunes religieux, il lança "le Camp de Rèves" : il en fut l'animateur  pendant près de 50 ans. Il fut aussi  l'homme des grands travaux ; drainages, aménagement du terrain de football, renforcement des berges de l'étang, abattage d'arbres entretien du parc et du bois toujours à la tache.

Après sa retraite, il se lance dans la recherche de l'histoire locale et l'animation du cercle historique RODAVA : un musée fut instauré, un revue fut lancée pour faire revivre le passé et promouvoir l'union entre les habitants de la localité. Ses dernières années furent pénibles : sa vue, déjà faible, baissait, sa surdité devint de plus en plus forte. Il vécut la dépendance physique comme une déchéance. Mais ses facultés intellectuelles restèrent étonnantes. Evoquant des souvenirs anciens, il savait y joindre une remarque caustique bien placée. Il ne supportait pas des discussions quelque peu vives.

Il envisageait la mort avec sérénité et parlait régulièrement du jour présent comme de sa dernière journée. Sa foi et sa piété étaient profondes et solides. Il est mort d'un arrêt cardiaque, après une journée passée sans que rien ne laisse prévoir cette issue. Nous confions à la bonté du Père ce dévoué serviteur de Marie. Il nous montre le chemin. Qu'il soit aussi celui qui nous assiste.

2003-36

La Région du Japon recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, Akira Laurent Tsuda, prêtre, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 5 septembre 2003 à Kinnami, dans la 77ème année de son âge et la 50ème de sa profession religieuse.

Le Père Laurent Tsuda est né le 2 janvier 1927 à Yokohama, Japon. Il était le quatrième de huit enfants et entra à « Saint Joseph College » de Yokohama en 1948 où il eut son premier contact avec le christianisme grâce aux marianistes de ce collège, et reçut le baptême le 8 avril 1950. Il entra ensuite au postulat marianiste de Tokyo. La vie en commun avec d’autres postulants de 12 à 17 ans devait être difficile pour lui, du fait qu’il avait alors déjà 23 ans. Il fut admis à la faculté de philosophie de l’université de Sophie en 1951 pour terminer ses études en 1956. Entre-temps, il fit son noviciat à Kiyose, où il prononça ses premiers voeux le 25 mars 1954.

Après avoir terminé sa formation à Tokyo, il oeuvra comme professeur dans le collège de Taisei à Fukuoka pendant une année et demie, au terme de laquelle il eut prononcé ses voeux définitifs (le 31 juillet 1957), et fut envoyé à Fribourg pour ses études de théologie. Il fut ordonné à prêtre le 17 juillet 1960, puis entreprit ses études de psychologie de septembre 1961 à mai 1962 à l’Université de Dayton, USA.

Une fois rentré au Japon, il oeuvra comme aumônier et professeur dans les écoles de Gyosei (Tokyo), Kosei (Sapporo) et Meisei (Osaka). En 1968, il fut nommé au directeur du lycée supérieur de Kosei, où il resta pendant 2 ans. En 1971, suite à la demande formulée par Monseigneur l’Evêque de Yokohama, il accepta la direction du petit séminaire diocésain de Yokohama. Dès 1975, il oeuvra comme directeur dans la communauté de Kannami, maison de retraite, l’école maternelle de Gyosei et la communauté Chaminade. Pendant que la SM était chargée de l’église de Yamato (du diocèse de Yokohama), il travailla en tant que vicaire. Il fut également nommé en juillet 1993 à l’aumônier de “Saint Joseph International College” de Yokohama où il travailla pendant une année. Il fut l’aumônier dans la communauté de Kaisei (Nagasaki) pendant deux ans depuis octobre 1994, et dans la communauté de Kannami à partir de 1996 jusqu’à sa mort. Entre temps, il fit son service d’aumônier à la Trappistine de Hakodate.

Il eut de l’asthme lorsqu’il était directeur du petit séminaire de Yokohama, et depuis il souffrit jusqu’à la fin de cette maladie. Un air pollué déjà suffisait pour lui causer la crise. Pour cette raison, il faisait très attention à sa santé. Au cours du petit déjeuner du 5 septembre, il sentit une certaine douleur à la poitrine et aux épaules, ce qui lui fait consulter son médecin. Pendant qu’il attendait le résultat, après la prise de l’électrocardiogramme, il tomba et rendit son âme à Dieu. C’était de l’infarctus du myocarde aigu.

La mise en route d’un groupe de communauté laïque marianiste appartenant à la communauté religieuse de Mariazan venait d’être décidée, il était très enthousiasmé de la direction de ce groupe. Notre déception est grande. Mais le dessein de Dieu est différent de nôtre. Dieu avait donné, Dieu a repris. Que le nom de Dieu soit béni.

2003-35

La Province des Madrid recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, ABILIO FRAILE RUIZ de OJEDA, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 4 septembre 2003 à Madrid, dans la 81ème année de son âge et la 65ème de sa profession religieuse.

Le Frère Abilio Fraile était né le 10 février 1923 à Pisón de Ojeda, dans la province de Palencia, petite ville qu’il n’a cessé de considérer comme la meilleure de toute l’Espagne. Dans ses documents personnels, il décrit son enfance comme étant une période où il était heureux, encore que méchant et plutôt indiscipliné. Il entra au Postulat à Escoriaza  en septembre 1934. Il fit son noviciat à Elorrio et le termina par l’émission des premiers vœux  le 10 juillet 1939. Il poursuivit ensuite ses études à Vitoria. Quelques années plus tard, en 1953, il terminait une licence en langues romanes à l’Université de Salamanque. Avant cela, en 1947, il avait prononcé ses vœux définitifs.

Tout au long de ses années d’éducateur, il oeuvra comme professeur dans les écoles de Vitoria, Madria (El Pilar), San Sébastián, Cádiz, Valladolid et Jerez de la Frontera. C’est lui qui fut le fondateur et premier directeur de l’école du Pilar à Pola de Lena dans les Asturies, et directeur de l’Institut de Notre Dame del Pilar à Tétuan (Maroc). De 1968 à 1974, il était responsable des Editions S.M., maison d’éditions qui a pour objectif de publier des manuels scolaires pour les écoles espagnoles, tant publiques que privées. De 1984 à 1986, il travaillait au Pérou à l’Institut Supérieur Pédagogique José Jiménez Borja où il habitait chez l’évêque du diocèse, le Révérend Oscar Alzamora, S.M.

Don Abilio avait un caractère très enjoué, optimiste par nature. Il évoquait fréquemment son passé, les lieux où il avait vécu, les personnes qu’il avait connues et les situations auxquelles il avait fallu faire face. Ce faisant, il insistait toujours sur les aspects positifs des choses, satisfait et heureux de ce qu’il avait réalisé.

Il s’intéressait grandement à l’histoire de son pays et cherchait à communiquer aux autres cet enthousiasme. Son approche de l’histoire était analytique et il éprouvait de la fierté pour le pays dans lequel il vivait. Même plus tard, malgré l’âge qui était là, il continuait à organiser et à animer des excursions pour sa communauté, celle de la paroisse de Notre Dame del Pilar, et les religieux retraités de la Province. Tous étaient pleins d’admiration devant son allant, sa vigueur intellectuelle, la clarté de ses idées, alors qu’il avait déjà quatre-vingts ans. Il continuait à travailler dans les Archives de la Province dont il était chargé depuis 1988, quoique n’en étant plus directement responsable.

Le 7 août, après son petit déjeuner habituel, il éprouvait de vives douleurs à l’estomac. Un premier diagnostic à l’hôpital semblait révéler un problème au pancréas; dans la suite, au terme d’examens plus approfondis, on devait déceler une tumeur à l’estomac. Le mercredi 27 août, les docteurs ont alors opéré d’urgence le patient et c’est ainsi qu’ils se sont rendu compte que la situation était irréversible. Abilio était conscient du sérieux de son état et accepta pleinement sa mort prochaine en offrant sa vie à Dieu. Il souhaitait recevoir le sacrement de la réconciliation, mais s’estimait incapable de faire un bon examen de conscience. Le Père Enrique Aguilera, supérieur de la communauté, lui administra l’absolution et le confia à la bonté de Dieu. Abilio souhaitait recevoir la communion, quoiqu’il ne pût absorber qu’une petite partie de l’hostie. Il demanda à ses Frères  de se souvenir de lui à la messe, surtout au moment de l’offertoire, car il souhaitait offrir sa vie à Dieu. Au bout d’un mois environ à l’hôpital St Camille de Madrid,  il mourut tôt le matin le 4 septembre. Quelques instants auparavant, au cours de l’Eucharistie célébrée dans la communauté de l’Administration Provinciale, son nom avait été cité au moment de l’offertoire. Son état était certes connu comme étant très grave, mais personne n’avait imaginé que la nouvelle de son décès tomberait au moment de quitter la chapelle.

Les funérailles ont été célébrées le lendemain, jour de la fête de Marie, reine des apôtres; c’est alors que nous avons rendu grâce pour cette vie remplie de joie et d’optimisme et tout entière consacrée à la mission.

2003-34

La Province de France recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, PIERRE DIDIERLAURENT, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 23 août 2003 à Colmar dans la 78ème année de son âge et la 59ème de sa profession religieuse.

Pierre Didierlaurent était né le 10 août 1926 à La Bresse, dans les Vosges, bourgade bien connue des Marianistes, frère jumeau de son frère Paul. La famille DIDIERLAURENT s’agrandit peu à peu : elle compta quatre garçons et deux filles qui grandirent dans une ambiance des plus chrétienne. La Bresse comptait à l’époque sept écoles privées de quartier que le Curé avait la lourde charge d’entretenir. Pierre et Paul fréquentaient, près de l’église, l’Ecole du Centre, confiée aux marianistes. De nombreuses vocations naîtront au contact des Frères. Ils furent fortement marqués par des directeurs comme M. Guth et surtout M. Herrbach. Rien d’étonnant que dans un tel milieu l’appel du Seigneur se fit entendre à Pierre, qui rejoignit le postulat de La Tour de Sçay, près de Besançon où il séjourna quatre ans sous la conduite du P. Louis Guinchard et de M. Alphonse Jud. C’était une période de restrictions assez austère où les jeunes d’âge scolaire n’étaient pas particulièrement gâtés.

En septembre 1943, Pierre rejoignit le noviciat de Bordeaux ; il y prononça ses premiers vœux le 12 septembre 1944. Il séjourna une année à St. Dié, puis une année à St. Claude. Après le service militaire, Pierre rejoignit la communauté de Colmar, le 22 août 1948 d’où il ne devait plus bouger jusqu’en septembre 2001, à part quelques mois de second noviciat à Rome, au début de son séjour à Colmar.

La vie active de Pierre à Colmar fut très diversifiée et toucha plusieurs domaines, profanes et religieux. Il fut tour à tour ou simultanément surveillant d’internat, enseignant en classe de certificat d’études. Mais l’essentiel de son activité fut consacré à l’enseignement religieux, à la catéchèse : enseignement précis, mûri dans la lecture et la prière. Fort de son expérience, Pierre a animé durant de longues années les réunions des Fraternités marianistes qui étaient toujours des moments de rencontres attendues et enrichissantes. Pendant plusieurs années, il s’occupa avec précision et dévouement de la diffusion de la revue « Marianistes ».

Ce qui frappe dans la vie religieuses de Pierre, note un collègue, c’est la cohérence de « l’être et de l’agir ». Sa vie de prière, régulière, n’a pas été un conformisme rigide à la Règle, mais l’expression naturelle de sa vie religieuse. Cette vie de prière se continuera désormais au ciel sous forme d’intercession pour tous ceux qu’il aura connus et aimés ici-bas, tout spécialement les membres de sa famille naturelle et de sa famille religieuse.

Pierre Didierlaurent vient de nous quitter. Non à la façon insidieuse à laquelle on aurait pu s’attendre de quelqu’un atteint par une longue et progressive maladie. Son état s’est subitement aggravé il y a quelques jours, laissant prévoir une fin rapide et inattendue. Il devait décéder le samedi 23 août, quelques jours après son 77° anniversaire.

2003-33

La Province des Etats-Unis d’Amérique recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, ROBERT LEWANDOWSKI, prêtre, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 13 août 2003 à Osage Beach, Missouri, dans la 72ème année de son âge et la 52ème de sa profession religieuse.

Robert Lewandowski  était né le 25 janvier 1932 à Milwaukee, dans le Wisconsin. Seul fils de Jan et Marthe Konstancza Lewandowski, il était entouré par trois sœurs aimantes, dont l’une allait entrer également en religion.

Celui qui, plus tard, serait le Père Bob, comme on avait coutume de l’appeler affectueusement, obtint de la High School Don Bosco à Milwaukee le diplôme de l’enseignement secondaire, suite à quoi, il entra au noviciat au noviciat à Galesville dans le Wisconsin au mois d’août 1950. Il émit ses premiers vœux le 15 août 1951, et entreprit des études universitaires à Maryhurst à Saint Louis. L’année suivante, il passa à l’Université St Mary à San Antonio où il obtint un premier diplôme universitaire en 1954 portant sur la langue anglaise. Le Frère Bob émit ses vœux définitifs le 15 août 1956 à Galesville (Wisconsin).

Pour commencer, il enseignait  l’anglais, le latin et la religion dans la High School Mc Bride à St Louis et dans la High School St Mary. Avec ses élèves, il se montrait à la fois cœur tendre et amusant. C’est en 1960, qu’il entreprit les études de théologie au séminaire à Fribourg en Suisse et fut ordonné prêtre en mars 1964. Au cours des dix années qui allaient suivre, le Père Bob continuait dans la carrière enseignante dans la High School de l’Assomption à East St Louis et à St Mary à St Louis, également dans les High School Don Bosco et Thomas More à Milwaukee. Aux vacances d’été, il suivait des cours à l’Université Loyola à Chicago, qu’il put couronner par une licence en études pastorales à l’Institut Loyola.

1974 allait constituer une année charnière dans la vie de notre religieux puisqu’il abandonnait l’enseignement pour se lancer à plein temps dans les activités de prêtre de paroisse, en fait comme vicaire dans la paroisse de Notre-Dame del Pilar à Saint Louis. C’est à cette époque que le Père devint directeur spirituel des victimes de la consommation abusive d’alcool ou de drogues. «Il  était un adepte fervent du programme appelé ‘les 12 pas’ et pensait que chacun avait avantage à y puiser pour la conduite de sa vie ». Voilà ce que rapportait  le Frère John Schlund, qui avait vécu avec le Père Bob dans la communauté de Denton, au Texas. Il avait adapté la philosophie des 12 pas et créé un programme pour jeunes adultes, appelé « les 12 Voies spirituelles ».

En 1981, le Père Bob est parti au Texas comme vicaire dans la paroisse du Rosaire à San Antonio. De 1983 à 1990, il était curé dans la paroisse de Notre-Dame de l’Assomption à Fort Worth. Et les 13 dernières années de sa vie, le Père s’est impliqué dans la pastorale des étudiants universitaires dans la zone Dallas – Fort Worth. Il travaillait aussi comme aumônier d’étudiants universitaires à l’Université du Texas Nord, à l’Université pour Femmes au Texas et à l’Université du Texas à Arlington. « Il était aimé et respecté par les étudiants qui le regardaient comme un père », disait le Frère Schlund. Pêcheur enthousiaste, il était renommé pour organiser chaque année ce qui s’appelait « le repas au poisson frit du Père Bob », qui s’adressait en fait à d’éventuelles vocations dans ce campus catholique.

Le Père Bob fut un membre actif de la paroisse de l’église catholique St Marc à Denton. « Il était aimé tant par les étudiants que par les paroissiens », disait de lui Mary Birden, paroissienne de St Marc et coordinatrice. « Il s’intéressait aux personnes comme telles, et pas seulement à leur vie spirituelle. »

Dans les premières heures de la matinée du 13 août, alors qu’il rendait visite à un ami au lac Ozarks dans le Missouri, le Père Bob mourut, terrassé par deux infarctus et des complications affectant la moelle osseuse. Qu’il repose dans la paix.

2003-32

La Province de France recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, CHARLES DELAVAUD, décédé au service de la Trés Sainte Vierge le 10 août 2003 à Antony, France, dans la 82éme année de son âge et la 65éme de sal profession religieuse.

Charles Delavaud était originaire de Beauvoir sur Mer (Vendée), région très attachée à ses traditions et à la foi de ses ancêtres. C’est dans une famille profondément chrétienne que Charles voit le jour le 30 août 1921. L’école de garçons de Beauvoir est dirigée par les religieux marianistes qui détectent en leur jeune élève un coeur généreux et un garçon animé d’une foi profonde.Encouragé par ses parents, il prend le chemin d’Antony pour le postulat qu’y dirige la Société de Marie (Province de Paris, à l’époque), de 1933 à 1937. C’est à St Rémy (Belgique) qu’il effectue l’année de noviciat (1937-38) et prononce ses premiers vœux le 24 septembre 1938. Sa formation de jeune religieux se poursuit au scolasticat de Rèves, de 1938 à 1940.

C’est à St Thégonnec, en Bretagne, qu’il se réfugie, en mai 1940, avec les novices qui doivent fuir la Belgique au moment de l’invasion allemande. Il y poursuit sa formation de tailleur, puis à La Rochelle. C’est là que, en 1943, il est emmené de force en Allemagne, en Poméranie, pour y effectuer ce que l’on a appelé le S.T.O. (Service du Travail Obligatoire) auquel l’occupant astreint les jeunes gens  nés 20 ans plus tôt et qui, en raison de l’occupation, n’ont évidemment pas effectué de service militaire. Ce séjour en terre étrangère marquera le jeune religieux dont la santé est précaire, les privations et les restrictions n’arrangeant pas la situation.

A son retour d’Outre-Rhin, les supérieurs remarquant les talents de tailleur de Charles l’envoient à Merville (Nord), où il poursuit son apprentissage auprès d’un maître tailleur  que connaît la communauté marianiste toute proche. Charles va y apprendre son métier et devenir l’artisan compétent et habile auquel les maisons marianistes vont faire appel : pendant 40 ans environ, la réputation du tailleur est telle qu’elle dépasse largement les frontières du pays. On le voit travailler successivement à Nivelles, en Belgique, à l’Administration Générale avant le transfert de celle-ci  à Rome en 1950, à Rèves, à Fribourg (Villa St Jean et séminaire), à Antony, à Rome où il fait de longs séjours, alliant harmonieusement son activité professionnelle et la découverte des trésors architecturaux, artistiques, historiques, religieux de la Ville éternelle. Charles était doué d’une sensibilité très vive et son âme d’artiste savait vibrer aux manifestations du beau sous toutes ses formes : il pouvait s’extasier devant une œuvre d’art, vibrer aux concerts des chœurs de la Sixtine quand il résidait à Rome, il avait à cœur de confectionner pour ses confrères des costumes à la coupe élégante ou des soutanes seyantes pour des clercs romains ou suisses.

Retiré à Antony depuis 1986, Charles continue à rendre service  en «habillant»  ses confrères des 3 communautés de la région parisienne qui le lui demandent. On allait alors volontiers lui rendre visite dans son local de travail situé alors au rez-de-chaussée de la Maison Chénier. Les visites lui faisaient toujours plaisir. Cet atelier ne manquait d’ailleurs pas de pittoresque : deux jolies perruches au plumage bleuté y voletaient bruyamment en toute liberté, des cartes postales que ses nombreux amis lui adressaient de l’Europe entière, et même d’au-delà, en tapissaient les murs et le maître des lieux vous accueillait, assis «en tailleur», sur sa table de travail. La réfection de la Maison Chénier devenue le Foyer Chaminade l’affecta énormément. Quitter ce local qui était devenu son domaine fut pour lui un véritable déchirement. Un ressort brisé détraqua et bloqua l’ensemble du mécanisme. Charles se renferma insensiblement, sa santé se dégrada, et c’est au cours de l’été caniculaire 2003 que Charles nous a quittés, le soir du dimanche 10 août. Que Marie, à quelques jours de sa glorieuse Assomption, accueille auprès de son Fils ce «frère ouvrier»!

2003-31

La Province des Etats-Unis d’Amérique recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, EDWARD PROCHASKA, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 01 Août 2003 à Dayton, Ohio, dans la 93ème année de son âge et la 72ème de sa profession religieuse.

Edouard Prochaska  était né le 10 avril 1911 à Cleveland, dans l’Ohio, fils de Thomas Prochaska et de Berthe Votruba. La famille était établie dans la région de Cleveland et c’est là que le Frère Edouard a suivi l’enseignement secondaire dans la High School relevant de la cathédrale, puis dans un établissement technique dans l’est de Cleveland.  Dans la suite il entra au noviciat de Mont Saint Jean à Dayton. Il émit ses premiers vœux de religion en 1932 et fit sa profession définitive en 1936.

Au tout début de son activité, le Frère Ed travaillait dans l’école primaire marianiste Ste Marie à Cincinatti. Mais sa véritable vocation se révéla en 1934, lorsqu’il se mit à manier le papier et l’encre dans l’imprimerie marianiste à Dayton. «Il était plein d’enthousiasme pour ce qui touchait à l’imprimerie » disait de lui le Frère Paul Vieson, directeur de la communauté d’Alumni Hall à Dayton, là où le Frère Ed séjournait avant son décès. « Il était un homme de métier accompli et déplorait sincèrement que l’imprimerie se soit laissée doubler de plus en plus par les ordinateurs.

Le Frère Ed aimait tout ce qui regardait l’imprimerie. On le savait pointilleux, soucieux du détail préoccupé que tout fût parfait. « Il n’aurait pas toléré que nous négligions le moindre détail », comme le disait le Frère Joe Mariscalco, qui avait travaillé deux ans avec le Frère Ed à l’imprimerie marianiste. Le Frère a travaillé plus de quarante années dans le secteur de l’imprimerie de la Société de Marie. Les travaux englobaient principalement des publications catholiques et de la documentation  pour l’Université de Dayton.

En 1956, le Frère Ed quitta le domaine de l’imprimerie pour se consacrer à un ensemble de tâches relevant de l’entretien des bâtiments, d’abord à l’Université de Dayton comme responsable des bâtiments et des terrains et, plus tard, à la High School Chaminade-Julienne à Dayton, de même  qu’à l’ancien provincialat de Cincinatti, lorsque celui-ci se trouvait à High Acres à Dayton. «Le recyclage était vraiment son fort », comme l’affirmait le Frère Vieson. «Il conservait absolument tout : des clous, des vis, des écrous … tout ce qu’on peut imaginer. Si vous ne saviez comment vous y prendre pour telle tâche matérielle, c’est à lui qu’il fallait s’adresser. Dans quasiment tous les domaines, en plomberie, en électricité, en menuiserie, il trouvait une solution ; cela lui sortait des mains ». Le Frère Ed avait de l’énergie à revendre et une constitution des plus solides qui lui permettait de traverser l’existence à coups de volonté. « Il menait une vie simple, austère, en parfaite adéquation avec l’état religieux et les vœux qu’il avait émis », disait le Frère Vieson.

En 1972, le Frère Ed a retrouvé son métier d’imprimeur dans le département d’impression et de design de l’Université d’abord à temps plein, puis à temps partiel, jusqu’à la veille de son décès. « Il est tout à fait le frère ouvrier tel qu’on se le représente »,  s’est exprimé le Frère Mariscalco. « Il  est décédé, actif jusqu’au bout. » Le Frère Ed s’est éteint le 1 août 2003 suite à des complications cardiaques survenues dans la cafétéria de l’Université de Dayton. Qu’il repose en paix!

2003-30

La Province des Etats-Unis d’Amérique recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, GEORGE SCHUSTER, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 26 Juillet 2003 à San Antonio, Texas, dans la 93ème année de son âge et la 76ème de sa profession religieuse.

Georges Schuster était né à Chicago le 10 septembre 1910, fils de Georges Schuster et de Susanne Kaiser. Peu de temps après sa naissance, ses parents ont déménagé à Dyersville (Iowa). C’est là que lui-même et son frère Louis ont fait la connaissance des Frères Marianistes. Georges entra au postulat de Maryhurst à St Louis en 1924 et au noviciat en 1926. Ses premiers vœux de religion remontent au 15 août 1927 et sa profession définitive au 2 août 1932 dans la High School. En l’année 1932, au moins d’août, le Frère Georges obtint le diplôme de bachelier de l’Université Sainte Marie. Après un séjour d’une année au scolasticat de Maryhurst, il commença sa carrière d’enseignant à l’école des saints Pierre et Paul à Saint Louis en 1928. Et en 1929, le Frère Schuster fut nommé à l’académie Ste Marie (à présent la High School centrale catholique) à San Antonio. En 1932 il s’en retourna à Maryhurst comme professeur. Cette même année il partait à la High School St Michel à Chicago comme enseignant tout en suivant des cours à l’université Loyola. Il obtint le diplôme de licencié en août 1935.

Pour la suite de sa carrière professionnelle, le Frère Georges est reparti à St Louis. De 1935 à 1938 il enseignait aux scolastiques à Maryhurst, puis, de 1938 à 1946, il enseignait à la High School catholique de South Side. Dès son jeune âge le Frère Georges souffrait d’une musculature insuffisamment développée au point que les médecins, au début des années 40 l’avaient prévenu qu’il mourrait au plus tard en 1947 ; en fait, il a vécu encore 56 années au-delà de cette date.

Alors qu’il enseignait l’anglais à l’école Ste Marie, le Frère Schuster débuta dans une tâche à laquelle il allait s’adonner corps et âme, à savoir l ‘édition d’œuvres d’auteurs catholiques. Il répondait ainsi à l’insistance papale adressée à l’Eglise et aux écoles afin de mettre en valeur une littérature catholique de valeur. Pie XI avait écrit: « A quoi bon construire des écoles et des églises si parallèlement n’émerge une littérature catholique de valeur ? »

En 1947, le Frère Henri Ringkamp offrait au Frère Georges de l’espace pour y installer la Presse des Auteurs Catholiques dans la High School McBride à Saint Louis. Dès l’année suivante, la Province de Saint Louis a rendu disponible l’ancien noviciat dans la propriété de Maryhurst pour le travail du Frère Schuster. C’est ainsi que, pendant les 40 années qui allaient suivre, celui-ci a vécu et travaillé là, publiant des livrets contenant des extraits d’auteurs catholiques reconnus, que ce fût de la poésie, de la biographie, de l’histoire ou de la fiction. L’ouvrage populaire Auteurs Catholiques de jadis et de maintenant destiné à des étudants des High Schools s’est vendu à plus de 150.000 exemplaires. L’ouvrage contenait des recensions de livres catholiques, une histoire de la littérature catholique ainsi que des biographies d’auteurs catholiques. Crown Editions constituait une autre série pour étudiants des high schools, dans laquelle des œuvres individuelles étaient analysées soigneusement, accompagnées de livres du maître. Dans cette série, ont paru entre autres dénombrer La Ballade du Cheval Blanc de G.K. Chesterton, et le Chant de l’Echafaud de Gertrude von Lefort. Le Frère Georges s’est déplacé beaucoup dans les écoles pour faire des conférences et promouvoir ainsi la lecture d’auteurs catholiques. Il avait également réuni une collection importante d’ouvrages rares, ou non republiés. Au cours des mois d’été, de nombreux Frères et prêtres l’aidaient dans ce Centre des Auteurs Catholiques. Vu l’état de santé qui déclinait, le Frère Schuster a dû, en 1989, cesser son activité dans ce Centre et se retirer à la Résidence marianiste sur le campus de l’Université Ste Marie à San Antonio.

Le Frère Francis Haug, le premier collaborateur du Frère Georges en 1947, disait que c’était un grand conférencier, maîtrisant remarquablement l’anglais et d’autres langues. «C’était merveille de l’écouter, lui, un de nos professeurs anglais particulièrement doués.  C’était un rude travailleur, un perfectionniste. » Le Frère Earl Leistikow s’est laissé impressionner par le sens du dévouement du Frère Georges: « Alors que dès son jeune âge, l’on avait diagnostiqué chez le Frère Georges une musculature insuffisamment développée, il n’a cessé de travailler et de réaliser beaucoup de choses dans sa carrière. Lorsqu’on demandait à Georges: « Comment vas-tu, Georges ? » - voilà ce qu’a raconté le Frère Louis Mason, - celui-ci, déjà plus âge, avait l’habitude de répondre : « J’attends ».

2003-29

La Province des Etats-Unis d’Amérique recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, BERNARD STUEVE, prêtre, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 26 juillet 2003 à Dayton, Ohio, dans la 96ème année de son âge et la 77ème de sa profession religieuse.

Bernard (Ben) Stueve était né le 18 février 1908 à Wapakoneta, dans l’Ohio. Il était l’un des cinq enfants de Jules Stueve et de Marie Wahrer. Le Frère Ben fit ses études à l’école préparatoire de l’Université de Dayton, où il obtint le diplôme des études de l’enseignement secondaire en 1925. Il entra au noviciat à Mont Saint Jean  et acheva sa formation en 1926. Il émit ses premiers vœux le 15 août 1926 et fit sa profession perpétuelle à Mont Saint Jean le 10 août 1931 dans la Chapelle de l’Immaculée Conception à l’Université de Dayton.

Son ardeur pour l‘étude se manifesta dès son entrée à l’Université de Dayton où il obtint le diplôme de bachelier en arts libéraux en 1929. Pour sa première année d’enseignement, il fut nommé à l’école cathédrale à Cleveland, où il enseignait les langues, la religion et dirigeait la congrégation. Sa seconde année d’enseignant s’est passée dans la High School Chaminade à Mineola, New York. Le Frère Ben était capable d’enseigner presque tout; c’est ainsi qu’on l’a vu enseigner l’espagnol, le latin, le grec, l’allemand, l’anglais, l’histoire, la religion, la psychologie et la philosophie.

En 1934, le Frère Ben partit au séminaire à Fribourg en Suisse. Jusqu’alors son père n’avait pas apprécié le choix de vie de son fils. Mais avec le temps, l’attitude de son père changea. «Je vois encore mon père sur le quai de la gare le jour de mon départ pour l’Europe. Il avait alors 67 ans et pleurait, ayant comme un pressentiment qu’il ne me reverrait pas revenir en Amérique… Durant presque trois ans il m’a écrit fidèlement. Sa dernière lettre, je l’ai reçue la semaine après son décès.» Le Frère Ben fut ordonné le 2 avril 1938 en Suisse.

A son retour aux Etats-Unis, le Père Ben fut nommé à l’aumônerie et comme professeur à la High School catholique à Hamilton dans l’Ohio et, dans la suite, comme professeur à l’Université de Dayton. Comme il fut admis dans un programme de licencié à l’Université Catholique d’Amérique, le Père Ben passa l’année suivante à terminer sa licence en éducation religieuse. Dans la suite, il fut nommé professeur au collège Saint Joseph à Porto Rico, ceci de 1943 à 1948. C’est là qu’il retourna de 1961 à 1966 comme responsable diocésain  des écoles catholiques au Porto Rico et les Îles Vierges.

Le Père Ben a passé de nombreuses années au service de l’Université de Dayton à la fois comme enseignant et dans des tâches administratives. Dans les années soixante-dix, il travaillait comme prêtre de paroisse et comme aumônier d’hôpital à Cincinatti, une année également à Gainsville, en Floride avant de travailler dans l’aumônerie du centre de soins marianiste à Dayton jusqu’en 1985.

Une fois retraité, le Père Ben résidait dans la communauté Marianiste à Hollywood en Floride et dans Alumni Hall à Dayton, avant d’aller dans un centre de soins à Mercy Siena à Dayton. « Ce fut un homme calme avec un sens de l’humour sans avoir l’air d’y toucher et jamais il ne se plaignait : voilà un commentaire sur lui par le Frère Jim Vorndran, qui apprit à connaître le Père Ben dans les dernières années de sa vie.

Le Père Ben fut un homme de prière; voici ce qu’il a écrit au sujet de la prière: «Aucun d’entre nous ne connaîtra le succès ou même n’en approchera si ce n’est qu’en devenant un homme de prière.»

2003-28

La Province de France recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère NICOLAS MATTER, de la communauté d’Antony St Jean, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 11 juillet 2003 à Chatenay-Malabry (Hauts de Seine), dans la 93ème année de son âge et la 75ème de sa profession religieuse.

Nicolas Matter fait partie de la génération de religieux marianistes  issus de cette terre d’Alsace alors annexée à l’Allemagne suite à la guerre de 1870, jusqu’à la fin de la première guerre mondiale. Ces circonstances historiques expliquent à la fois l’attachement de cette population ballottée à plusieurs reprises alternativement sous l’autorité française et allemande et les souffrances d’un province déchirée dans l’intime de son âme. C’est le 26 février 1911 que Nicolas MATTER voit le jour à Lupstein (Bas-Rhin), au sein d’une famille nombreuse, profondément chrétienne. Il sera toujours heureux, au cours de sa longue vie, de vanter le riche passé historique de son village natal. Après les heures sombres de la première guerre mondiale, un enseignement primaire en langue allemande, il entre au postulat de St Hippolyte au printemps 1923, puis à Rêves, en Belgique, dès l’année suivante, où il poursuit sa formation jusqu’en 1926. Après une année de noviciat à St Remy, sous la direction du P. Schellhorn, il prononce ses premiers vœux le 12 septembre 1927 et c’est le scolasticat à Rêves de 1927 à 1930.

La vie de Nicolas est ensuite ponctuée par une longue série de communautés où il va effectuer sa mission d’enseignant et d’éducateur des jeunes enfants de l’école primaire. C’est d’abord dans l’ouest de la France : St Thégonnec (1930-31) en Bretagne ; puis le Boupère (1931-32) et Clisson (1932-33) en Vendée, avant un premier séjour à Antony, précédé du service militaire (1933-34). C’est de nouveau à Antony qu’il exerce, de 1935 à 1939. Mobilisé en août 39, il vit les mois de la « drôle de guerre » avant d’être fait prisonnier en juin 1940, puis interné en Suisse comme Alsacien. Troisième séjour à Antony de 1941 à 43, puis La Rochelle (1943-44), Paris, rue de Pétrelle, (1944-45) ; de nouveau un séjour en Vendée, à Beauvoir sur Mer (1945-49). Retour rue de Pétrelle, à Paris (1949-55). Nicolas effectue ensuite un séjour de 5 ans dans l’est de la France, à Grandvillars (1955-60) avant de revenir à Antony où il termine sa carrière d’enseignant en 1979. Mais bien qu’officiellement retraité à la Maison St Jean, il rend encore de multiples services à l’Institution Ste Marie toute proche en assurant des surveillances d’élèves de 6ème  puis le service de la photocopie du collège.

Dans sa lettre du 07.07.97, quelques semaines avant le 70ème anniversaire de sa 1ère profession religieuse dans la Société de Marie, le supérieur général écrivait au jubilaire : « Au cours de longues années de service, vous avez été professeur, surveillant et préfet, surtout à Antony. Peut-être avez-vous expérimenté de façon personnelle la vérité énoncée dans notre Règle de vie :’Les œuvres éducatives sont pour nous un moyen privilégié de formation dans la foi. Elles permettent de semer, cultiver, faire grandir et rendre fécond l’esprit chrétien dans les âmes’ (art. 74). Dieu seul sait combien d’élèves, de parents, d’amis et de confrères vous avez influencé pendant vos longues années de service, mais nous remercions le Seigneur pour ses grâces et nous vous remercions aussi pour votre fidélité ».

Handicapé par des difficultés de locomotion au cours des dernières années de sa longue existence, Nicolas ne s’est jamais résigné à l’inactivité, il ne s’est jamais laissé aller. Avec une volonté farouche, une énergie exemplaire, on pourrait dire une opiniâtreté édifiante, notre frère a lutté jusqu’au bout contre les infirmités dues à l’âge. C’est le 11 juillet  2003, jour de la fête de St Benoît, notre patriarche et notre Patron dans la vie religieuse, que notre frère nous a quittés, dans un établissement hospitalier de Chatenay-Malabry où il avait été admis quelques jours auparavant. Que Marie l’admette « dans le sein de sa tendresse maternelle ».

2003-27

La Province de Saragosse recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère MELCHOR ALEGRE, prêtre, décédé au service de la Très Sainte Vierge  le 11 juillet 2003, à Vitoria, Espagne, dans la 75ème année de son âge et la 57ème de sa profession religieuse.

Melchor Alegre González était né à Mazueco de Lara (Burgos) le 4 janvier 1929. Ses parents s’appelaient Vincent et Grégoria. Des quatre enfants, l’un entra chez les Franciscains et Melchor chez les Marianistes. Les deux autres se sont  mariés. Le 30 septembre 1942, il alla au postulat d’Escoriaza (Guipúzcoa). Il commença son noviciat le 28 septembre 1946 à Elorrio (Vizcaya) et y fit sa première profession le 29 septembre 1947. Après sa profession, il alla au scolasticat à Carabanchel (Madrid) et c’est là qu’il obtint le baccalauréat. Ses débuts dans la carrière enseignante se situent en septembre 1950 à Saragosse dans l’école primaire Santa María del Pilar auprès des élèves des premières classes. Le 15 août 1952 il fut admis a la profession définitive à Vitoria. En septembre 1955 il est allé à San Sebastián pour y enseigner dans les classes primaires terminales. En 1957 il entra au Séminaire de Fribourg  pour s’y préparer à la prêtrise. C’est là, à Fribourg, qu’il fut ordonné prêtre le 17 juillet 1960. Durant l’année 1960/61, il a terminé à Rome ses études sacerdotales. En septembre 1962, il fut envoyé à Escoriaza comme aumônier et professeur. L’année suivante, il retourna à Saragosse pour y remplir les mêmes fonctions. En septembre 1965, ses supérieurs l’ont envoyé à Elorrio où, pendant quatre ans, il remplit la fonction de maître des novices. En septembre 1969, son apostolat prit une autre direction : il fut envoyé à Almería comme vicaire dans la paroisse Saint Jean. Dès l’année suivante, il fut nommé curé de cette paroisse marianiste et il y demeura jusqu’en septembre 1977 lorsqu’il fut envoyé dans la paroisse Santa María dans le district Eguía de San Sébastian ; c’est là qu’il continua son apostolat paroissial comme vicaire. En septembre 1982, il rejoignit la communauté d’Adurza à Vitoria ; il y travailla comme aumônier dans l’école St Ignace (école publique dirigée par les Marianistes) et rendit également des services dans la paroisse St Ignace du voisinage.

C’est en septembre 1988 que débuta une phase nouvelle dans la vie de Melchor, celle qui aura été la plus typique de la dernière période de sa vie. Il oeuvra dans la paroisse de St Joseph ouvrier, à Burjassot, également avec les prisonniers de la prison de Picassent (Valence). Il lui a fallu lutter contre un certain environnement et vaincre bien des obstacles pour accomplir le travail pastoral dans son secteur paroissial (un quartier marginalisé par la présence de nombreuses personnes déplacées.) Au cours de la décennie qui le vit travailler dans ce milieu, sa santé déclinait et les supérieurs ont estimé préférable de l’envoyer dans une paroisse rurale, moins compliquée et c’est ainsi qu’il s’est retrouvé à Velez Blanco dans la province d’Almería où il fut curé de la paroisse. C’est là qu’on diagnostiqua chez lui une leucémie. Son état de santé empira et, au bout de deux années, il fut envoyé dans la communauté de Vitoria où il allait pouvoir mener une vie paisible sans activité pastorale.

Il y passa trois années au cours desquelles il a connu de multiples passages à l’hôpital alternant avec des périodes dans sa communauté. Ses forces diminuèrent rapidement  et le 11 du mois de juillet 2003 à 6 heures du matin, il rejoignit la Maison du Père. Dieu ne cessait de lui être présent au cours de la maladie. Il évoquait les paroles du poèt


Au milieu des ombres et de la souffrance
Ils me demandent si je crois en Toi. Et moi de dire
Que j’ai tout quand je suis avec toi,
Le soleil, la lumière, tous les délices, et la vie.

Le Père Melchor était un homme cultivé (licences en philosophie et théologie)  et il cherchait à se tenir au courant des problèmes les plus divers. C’était un  lutteur non-conformiste et opiniâtre ; il ne craignait pas d’aller à l’encontre d’habitudes invétérées s’il lui semblait qu’elles étaient entachées d’injustices. Grand dévot de la Vierge Marie,  il était de cœur avec ceux qui demeurent dans le « gouffre de la marginalisation ». Lui-même, dans les divers milieux où il travaillait, a adopté ce style, que ce fût avec les pêcheurs à Chanca ou avec les prisonniers à Picassent et les familles de ceux-ci.

Melchor fut un homme de grand cœur, expansif et aimant l’humour. Tous ceux qu’il rencontrait, devenaient ses amis. Les nombreuses visites qu’il recevait de personnes dont il s’était fait l’ami au gré des circonstances, en sont la plus belle preuve. De petite taille, il fut grand  par la pensée et le travail dont l’inspiration remontait aux principes de l’évangile et de la foi. Il s’est toujours montré reconnaissant pour tout ce qu’on faisait pour lui et surtout pour les soins qui lui furent prodigués ces trois dernières années dans la communauté de Vitoria, sans oublier les visites ou autres gestes d’attention de ses connaissances et amis.

2003-26

La Région de Suisse et son Secteur du Togo recommandent à nos prières fraternelles notre cher Frère, EUGÈNE CLARET, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 9 juillet 2003 à Sion (Valais) dans la 91e année de son âge et la 74e de sa profession religieuse.

Eugène Claret est né à Monthey (Valais) le 16 octobre 1912. Son père Auguste était employé des CFF, et sa mère Eugénie Mollié venait de Châtel d’Abondance (Haute-Savoie). Eugène eut trois sœurs : Augusta, Noëlle et Flory. Il suit ses classes primaires dans sa ville d’origine. Puis il se rend au postulat de Martigny ; de 1925 à 1928, il y suit la filière latin-grec. Il entre au noviciat à St Remy-Signeulx (Belgique); le Père Schellhorn est son  père-maître. Eugène y fait ses premiers vœux le 12 septembre 1929. Scolastique à Rèves (1929-1930) puis à la Villa St Jean de Fribourg (1930-1933), il réussit son baccalauréat en juin 1932 à Besançon. Il accomplit son école de recrue à Coire de juillet à novembre 1932. Il enseigne en classe industrielle à Martigny durant trois ans. Le 15 août 1935, il émet ses vœux perpétuels à Antony (France). De 1936 à 1939, il étudie à l’université de Fribourg tout en assurant des cours et des surveillances à la Villa St-Jean. Il y obtient sa licence ès lettres.

C’est alors une longue période d’enseignement à l’Ecole normale des instituteurs de Sion (Valais) (1939 à 1964). En plus des cours de français, il enseigne le dessin, les travaux manuels. Il apporte sa contribution à la Schola des petits chanteurs de Notre Dame et à un octuor de jeunes normaliens « la Joie de Vivre ». Il fonde l’ODIS (office de documentation et d’information scolaire).  Il est longtemps le rédacteur de  « l’Ecole Valaisanne ». Durant les étés, il donne de nombreux cours de perfectionnement pour les enseignants. Et il est aussi expert en civique aux écoles de recrue.

En 1960, il est nommé Inspecteur de la Province de Suisse, tâche qu’il assume jusqu’en 1967. Successeur du père Louis Boucard, il dirige le Collège Ste Marie de Martigny de 1964 à 1978. A l’automne 78, il prend une retraite très active au séminaire Regina Mundi de Fribourg: foyer des étudiants, bibliothèque, rédacteur des « Informations », économat… Monsieur Eugène Claret écrit de nombreux articles de pédagogie et de belles pages sur la Vierge Marie. Philatéliste renommé, il s’intéresse surtout aux « timbres marials » des quatre coins du monde. D’octobre 1984 à 1986, il revient à Sion (Chaminade) pour des travaux de secrétariat et d’archives de la Province.  Puis de 1986 à 1999, c’est à nouveau Fribourg (St Raphaël) où il s’occupe longtemps des affiliés.

Avec l’âge, il subit divers ennuis de santé : arthrose, opération du col du fémur, de la prostate, de la cataracte. Il surmonte vaillamment toutes ces épreuves. A 88 ans, il demande à revenir au soleil de Sion. En novembre 2001, Eugène doit être hospitalisé : une pneumonie et des troubles du système urinaire.

Le 16 octobre 2002, M. Eugène Claret, entouré de ses sœurs, de la communauté marianiste et de nombreux amis, fête solennellement son 90e anniversaire. La messe d’action de grâce est célébrée par son ami, l’ancien aumônier de la schola, le cardinal Henri Schwery et le groupe « la Joie de Vivre » assure les chants.

Début mai 2003, la santé de notre confrère se détériore et exige une nouvelle hospitalisation. Et le 9 juillet dans l’après-midi, Eugène remet son âme généreuse au Seigneur et rejoint la Société de Marie du ciel.

2003-25

La Province des Etats-Unis d’Amérique recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, LOUIS REILE, prêtre, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 25 juin 2003 à Saint Antonio, Texas, USA, dans la 79ème année de son âge et la 53ème de sa profession religieuse.

Louis Reile  est né le 13 juin 1925 à San Antonio au Texas. Il était l’un des sept enfants, trois garçons et quatre filles, de Louis Reile et de Thérèse Haass Reile,. Il a reçu l’enseignement primaire dans l’école du Sacré Cœur chez les Soeurs Ursulines, sauf la dernière, la 8ème année, qu’il a suivie à l’école Saint Jean. En 1943 il obtint le baccalauréat à l’Ecole Centrale catholique en 1943. Ensuite, il s’adonna à l’étude de la philosophie à l’Université de Sainte Marie à San Antonio; ces études furent couronnées en 1949 par un grade en philosophie. Tout en poursuivant ses études,Louis dirigeait la congrégation au campus universitaire et s’investissait dans d’autres activités marianistes. Il était aussi l’un des éditeurs du Rattler, un journal estudiantin ; en plus, il travaillait dans sa paroisse. Cet ensemble d’expériences et l’influence des Marianistes, plus spécialement celle du Père Stanly Kusman, l’ont incité à entrer au noviciat de Marynook à Galesville dans le Wisconsin.

Louis Reile émit ses premiers vœux le 15 août 1950 et ses vœux définitifs le 17 juillet 1954 à Marynook.. Sa carrière d’enseignant débuta à East St Louis dans l’Illinois, pour se poursuivre à Saint Boniface au Canada et à l’école Sainte Marie à St Louis. Il enseignait la religion, l’anglais et le journalisme; il dirigeait la congrégation et animait aussi des activités aussi diverses que le cercle d’éloquence, le journal de l’école, le conseil des élèves, et les comités de bals. Il travaillait aussi comme conseillér psychologique et comme recruteur. En 1957, Louis Reile entra au séminaire de Fribourg et fut ordonné prêtre le 17 juillet 1960. Voici ce qu’il a écrit dans une lettre avant son ordination : « Avec l’aide de Dieu et la protection spéciale de Marie, je désire ardemment me donner à elle et passer ma vie dans le travail et la prière, peu importe comment cette offrande se traduira dans la pratique… avec l’aide de Dieu je voudrais tenter d’être Son prêtre pour Sa plus grande gloire. »

Après son ordination, il fut nommé aumônier et professeur au collège Vianney à St Louis. Deux années plus tard, il fut nommé à East St Louis. En plus de ses tâches de professeur et d’aumônier, il s’impliquait dans le recrutement, sans oublier l’animation des groupes de rédacteurs de journaux scolaires et de groupes d’art dramatique. En 1965, le Père Reile obtint un diplôme de licence en « rédaction créative » (creative writing) de l’Université John Hopkins. Il retourna à l’Université pour se lancer dans une carrière de professeur d’anglais qui a duré plus de trois décennies. Durant toute l’année 1972, il a suivi à l’Université du Pacifique à Stockton, en Californie, un programme avancé en littérature.

Le Père Reile fut un écrivain fertile. Parmi ses œuvres les mieux connues sont une autobiographie sous le titre Battle and Brother Louis ainsi que Running Giant, une vie du Père Chaminade. Selon  Carol Ramey, le directeur du Centre nord-américain à Dayton pour les études marianistes, cette dernière œuvre est l’une de celles qui est réclamée très souvent. « Ses contributions pour avancer dans la connaissance de la vie du Père Chaminade se répercuteront encore bien longtemps après sa mort.» Le Père Reile aimait pareillement cultiver son don pour un style créatif. En 1975, il publia un livre sous les auspices du Centre International des Beaux-Arts dans le sud-ouest, sous le titre  Winding flows the River, qui contient sept nouvelles.

En 1986, on accorda au Père Reile une distinction en récompense de son enseignement exceptionnel à l’Université Ste Marie pendant plus de vingt ans. C’est au début des années 1990, qu’il quitta l’enseignement à temps plein pour s’adonner dès lors à nombre d’activités apostoliques, telles que la prédication de retraites, des services rendus dans des paroisses, des interventions à la radio et à la télévision, et également faire la cuisine pour la communauté. Il continuait à écrire sur biens des sujets ; entre autres assurait-il des recensions de films dans le journal de l’archidiocèse. En 1995, il eut une hémorragie cérébrale, mais qui ne l’a pas empêché d’écrire et d’éditer des ouvrages déjà prêts. En l’été de l’année 2002, le Père semble avoir subi une attaque cérébrale qui l’a obligé de mettre un terme à ses activités tant physiques et mentales. Ses quatre sœurs lui survivent, à savoir Thérèse Zaldivar, Dorothée Richter et Joyce Owerton  à San Antonio et Marguerite Swanson à Houston, ainsi que des neveux et nièces en grand nombre.  Qu’il repose dans la paix.

2003-24

La Province de France recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, ALPHONSE SIRLIN, prêtre, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 21 juin 2003 à Saint Hippolyte (Haut-Rhin) dans la 99ème année de son âge et la 82ème de sa profession religieuse.

Alphonse Sirlin est né à Montreux-Jeune le 1er mars 1905, dans l'Alsace alors allemande, à la limite du Territoire de Belfort, le premier de 4 enfants; à l'âge de 10 ans, il est évacué avec sa famille à Faucogney dans les Vosges Saônoises. Il y restera jusqu'à la fin de la Grande Guerre, et y conservera des souvenirs, des amis, des paysages, jusqu'à la fin de sa longue vie. Dès Pâques 1919, le Collège de Saint Hippolyte, fermé depuis 1870 par la volonté de Bismarck, rouvre ses portes. Le jeune Sirlin y sera élève pendant 15 mois, avant de rejoindre le noviciat marianiste en Belgique et s'y préparer à la vie religieuse marianiste. Noviciats particuliers que ceux de ces années d'immédiat après-guerre. S'y côtoient des adolescents comme Alphonse Sirlin, et de rudes soldats, habitués à la vie dure, au bruit des obus, à la désolation et aux dangers de la guerre, familiers de la mort et des blessures irréversibles. Alphonse Sirlin prononce ses premiers vœux le 25 septembre 1921. Il poursuit sa formation intellectuelle et religieuse à Rèves en Belgique, puis à Fribourg en Suisse. Il débute dans le métier d'enseignant à Saint Hippolyte, en 1926, effectue son service militaire au 27ème RI de Dijon, exerce à Saint André de Colmar, puis à l'école normale de Sion en Suisse.  Dernière étape de sa formation : le séminaire à Fribourg.

Ordonné le 28 mars 1936 par Mgr Besson, évêque de Fribourg, il effectue un an d'enseignement à Saint Jean de Besançon, et ses supérieurs lui confient la responsabilité des jeunes religieux en cours d'études à "La normale de Fribourg": il  en sera le directeur jusqu'à la mobilisation de 39. Fausse guerre, libération rapide de la captivité comme Alsacien; sa condition de religieux lui permet de choisir facilement la France. Et le voilà à Sainte Marie de Belfort dès septembre 41. Il enseigne le français et le latin en classe de seconde et de première. Un cours de littérature soigneusement préparé et structuré, un professeur toujours à l'heure, devançant ses élèves; une dissertation et une version latine ou un thème, chaque semaine; consciencieusement corrigés et rendus sans délai avec commentaire.  A chaque cours de français, 10 vers, ou un paragraphe de prose à apprendre par cœur : de Villon à Baudelaire, de Corneille à Marcelline Desbordes-Valmore; une récitation intelligente qui fait droit aux exigences de diction et d'expression.

Dire que l'abbé Sirlin était un poète ? Non. Mais ses exigences inculquait le respect et l'amour du beau langage, dans sa précision et sa correction. Toujours friand de lectures, curieux de la vie qui nous entoure, prêt à faire une conférence à la communauté, à présider une célébration. Causeur avisé et discret à table, intervenant sereinement dans les discussions, non sans humour souvent, heureux de rappeler sobrement quelques souvenirs qui ont marqué sa longue vie. En cette période de guerre, le P. Sirlin n'était pas qu'aumônier et professeur, il dirigeait une troupe de pionniers. Troupe interdite en ce temps par l'occupant, et dont les membres eurent des activités dont toutes ne relevaient pas d'un scoutisme anodin Avec une grande complicité des parents qui n'ignoraient rien et faisaient confiance.

En 1949, il est nommé aumônier et professeur à Saint André de Colmar, dont il assure la direction de 1950 à 1956, succédant au P. Macker avant de passer le relais au P. Barb. Après 6 ans, il demande à être déchargé de cette fonction; Il retrouve Belfort : aumônerie, aide aux paroisses environnantes, où il se rend à mobylette; directeur du Petit collège comme on désignait autrefois les  classes primaires, censeur du collège et du lycée, animateur du corps des surveillants… et toujours professeur de français en seconde. Avec le mêmes qualités déjà reconnues : régularité, égalité d'humeur et de traitement, sévérité paternelle et juste. Activité débordante, sans fièvre ni excitation, jusqu'à septembre 76, où il vient définitivement à Saint Hippolyte, pour une nouvelle vie apostolique, qu'il peut encore exercer en pleine possession de ses moyens en dépit de l'âge déjà respectable. Il se consacre particulièrement aux anciens et aux malades. Ce samedi matin, 21 juin 2003, dans la nuit, il rend paisiblement son âme et sa longue vie de travaux, d'apostolat, au Seigneur, qui l'accueille : "Viens, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Maître".

2003-23

La Province de France recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, JOSEPH KNOBLOCH, prêtre, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 17 juin 2003 à Saint Hippolyte (Haut-Rhin) dans la 92ème année de son âge et la 76ème de sa profession religieuse.

Joseph Knobloch, de la Province marianiste de Paris, né à Altenheim le 13 juillet 1911, dernier d'une famille de 4 garçons et de deux filles, avait rejoint la S.M. à l'invitation de Joseph Durrenbach, le frère de sa mère qui vécut ses dernières années à Saint Hippolyte, où il est mort  en 1956. Formation classique et austère de l'époque: dès 12 ans, en 1924, Joseph quitte la famille; un an à Saint Hippolyte; 2 ans à Antony; en 1926-27, un an de noviciat à Saint Remy, en Belgique; premiers vœux, suite de la formation à Rèves (Belgique) pendant un an, puis à Fribourg (Suisse). De 1931 à 1934, il fait ses premières armes à La Rochelle, où tout en faisant classe, le jeune frère suit ce qu'il peut attraper des cours de lettres classiques à Poitiers, en vue de la licence. Après un an de service militaire à Metz, ses supérieurs l'envoient au collège Saint Etienne à Strasbourg, en attendant son entrée au séminaire de Fribourg en 1937…

Septembre 1939: mobilisation, fausse guerre, retraite dans le Sud où il est démobilisé à Villefort et échappe ainsi à la captivité. Retour en octobre  40 à Antony, où avec d'autres séminaristes marianistes il va pouvoir poursuivre et achever son séminaire. Après son ordination, le 8 décembre 1940 à Chevilly Larue, suivront 9 années de pleine activité à Sainte Marie de la rue de Monceau à Paris. C'est là, et non au Congo où il avait demandé à partir avec les pionniers marianistes, qu'il est  professeur, aumônier, chef scout. En 1950, un passage éclair à La Rochelle pour atterrir à Bordeaux de 1950 à 1954. Après la guerre, Grand Lebrun vit des moments difficiles, la discipline sombre, les parents hésitent… En 1950, arrivent un nouveau directeur, le P. Braun, et un nouveau censeur, l'abbé Noblot – c'est ainsi qu'il choisit de s'appeler d'un nom plus prononçable pour des gens du Sud-Ouest –. Les élèves, eux, l'appellent Titus, du nom du chien aussi sympathique et débrouillard que redoutable d'une bande dessinée de "Cœurs Vaillants". En quatre ans, l'abbé Noblot, aux colères craintes, sévère et juste, y rétablit une discipline perdue depuis des années, redonne confiance aux parents, efficacité aux études, lustre à l'école. Pour le P. Cazelles, alors professeur de philo, futur directeur de Grand Lebrun et futur Provincial, "Titus" fut le maître d'œuvre du redressement de Grand Lebrun.

Après quatre années à Fribourg, à la villa Saint Jean, c'est Saint Etienne de Strasbourg qui refait appel à ses compétences de censeur, fonction toujours exposée… Enfin, le voici, en 1960, fixé pour plus de 30 ans à Sainte Marie de Belfort. Il y fait florès, plus particulièrement en 6e et 5e, comme professeur de français et de latin. L'Inspecteur d'Académie de Belfort, Louis Legrand, le caractérisait ainsi : " Votre professeur..! c'est une force de la nature".  Et c'est vrai qu'il faisait la classe "en force": jamais assis, imaginatif pour tenir les élèves en haleine, en action constante, exigeant et enthousiaste, à cheval sur leçons et devoirs,  ne laissant passer ni désordre ni malpropreté dans la classe, craint et adoré…

Une vie sacerdotale qui marque les jeunes qu’il approche. Un professeur heureux. D'autant plus que Sainte Marie de Belfort venait d'acquérir, pour occuper les pensionnaires le jeudi et le week-end, une propriété à 15 km, "Champs Fleury". Joseph Knobloch va découvrir, chaque semaine, avec mobylette et scooter, les joies du jardinage, du bricolage, des longues conversations avec le voisin. Arrivé à Saint Hippolyte en 1992, l’abbé Knobloch ira s’affaiblissant : la surdité profonde rend la conversation difficile, les accrocs de santé se multiplient… Vendredi 13 juin, il reçoit, avec des lueurs de conscience, le sacrement des malades, et mardi, il redit au Seigneur ce "oui" définitif et éternel qu'il avait dit il y a 76 ans et qu'il n'a plus jamais retiré. Nous l'accompagnons dans la prière et l'action de grâce.

2003-22

La Province de Zaragoza recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, JOSÉ JEREMíAS ARROITA BILBAO, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 10 juin 2003 à San Sebastián, dans la 83ème année de son âge et la 65ème de sa profession religieuse.

JOSÉ ARROITA est né à Elorrio (Vizcaya-Espagne) le 15 septembre 1920, et il a été baptisé ce même jour. Ses parents étaient Marcos et Magdalena. Sa mère est décédée lorsqu’il était très petit, et son père l’a suivie peu après. Malgré tous les problèmes, il a reçu une bonne éducation familiale, comme le montre le fait que, parmi les quatre frères, une sœur, M. Teresa, est devenue religieuse des Saints Anges Gardiens, et que lui-même s’est orienté aux marianistes, dont le noviciat était dans sa propre ville. Il est entré au Postulat d’Escoriaza le 16 novembre 1933. Le 9 août 1937 José commence son noviciat à Elorrio, où il fait sa première profession le 5 septembre 1938. A la fin du noviciat il a été orienté professionnellement comme frère ouvrier.

Sa profession faite, il a poursuivi sa formation comme frère ouvrier à Segovia, après avoir passé une période mobilisé à cause de la guerre civile espagnole. En septembre 1941 il est allé à Carabanchel (Madrid), où il travaille comme menuisier. Il fait ses vœux perpétuels à Escoriaza (Guipúzcoa) le 22 août 1946.

Lors de la division de la Province d’Espagne en 1950, il a été envoyé à la jeune communauté de Zaragoza, où il a travaillé comme conducteur du bus scolaire qu’on appelait familièrement «la cafetière» (le tacot), remplacée après par «la mandarine» (à cause de sa couleur), celle-ci  ayant débuté  avec un voyage à Bordeaux, Périgueux, Lourdes,…

En juillet 1962 il est destiné à Madrid, pour travailler aux Editions S.M. Il a fait là un long séjour occupé à de différentes tâches. Avec sa fourgonnette il parcourait Madrid pour des gestions. Il a été chargé de la gestion du papier, des achats et de différents travaux administratifs. Sa bonhomie lui a attiré la sympathie des personnes, chaque jour plus nombreuses, qui travaillaient aux Editions S.M., et lorsque, en 1991, il est passé à la retraite, on lui a fait cadeau d’un voyage aux Iles Canaries.

En septembre 1991, déjà à la retraite, il est retourné à San Sebastián, où il a continué à faire des commissions et en aidant dans la mesure de ses possibilités.

Il était un homme affectueux, ce qu’il a bien montré avec sa préoccupation pour sa famille d’Elorrio. Un de ses frères est mort très jeune, en laissant quatre enfants. Ceci lui rappelait la situation de son enfance, lorsque ses parents sont morts et que les quatre frères sont restés orphelins.

José était un religieux très communautaire, sérieux dans ses obligations, serviable et communicatif malgré sa difficulté pour la langue espagnole, sa langue maternelle étant le basque. Sa santé n’était pas trop forte. Il a du subir l’opération d’une hanche, ce qui l’a laissé très limité. Son cœur, d’autre part, n’était pas en très bon état. Peu de temps avant on lui avait mis un régulateur cardiaque, dont il semblait être content. Il faut noter qu’il ne se plaignait jamais de ses douleurs et qu’il savait souffrir en silence. Il menait une vie normale. Le soir du 9 juin il eut une attaque cérébrale, et il est entré en coma. Il n’a tenu que jusqu’à 5 heures du matin. Homme simple, il a voulu partir, (ou bien c’est le Seigneur qui l’a disposé ainsi?), sans faire du bruit, sans causer des ennuis pour son départ à la maison du Père. Qu’il repose dans la paix du Seigneur.

2003-21

La Province de France et la Région du Congo-Côte D’Ivoire recommandont à nos prières fraternelles notre cher Frère, PIERRE ALPHONSE FREYBURGER, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 28 mai 2003 à Clamart, France, dans la 77ème année de son âge et la 60ème de sa profession religieuse.

C’est à Giromagny, charmante bourgade située à une 10aine de kilomètres de Belfort, au pied du Ballon d’Alsace, que Pierre Freyburger voit le jour au sein d’une famille profondément chrétienne qui comptait d’ailleurs un Marianiste parmi ses membres, un oncle paternel appartenait en effet à notre famille religieuse. Sa formation suit le cycle classique de l’époque : postulat à la Tour de Sçay, de 1938 à 1942, où il est très marqué par le P. Louis Guinchard ; noviciat à Antony en 1942-43 ; scolasticat à Belfort, de 1943 à 46 où il termine le cycle des études secondaires sanctionnées par le baccalauréat de Mathématiques élémentaires, comme on disait à l’époque.

Un séjour à Ste Marie de St Dié, le service militaire et un premier séjour à Ste Maure (1949-51) qui va sans doute orienter sa vie puisque les Supérieurs le dirigent vers Grangeneuve (Etat de Fribourg, Suisse) en vue d’une formation agronomique, où il obtient le diplôme d’ingénieur en 1953. Après un deuxième séjour à Ste Maure, c’est à Réquista, en Aveyron, que Pierre poursuit sa mission de formateur de jeunes ruraux, de 1957 à 1962. Après une année de second noviciat à Castelgandolfo (Italie), Pierre revient à Ste Maure pour une période de 16 ans. Son directeur lui confie la direction du Centre de Formation Professionnelle Agricole, destiné aux jeunes adultes, qui se destinent à l’agriculture. Il y donne le meilleur de lui-même. Sa proximité des jeunes, ses méthodes pédagogiques fondées sur l’éducation à la liberté, le système de formation, original pour l’époque, où les stages en entreprise alternent avec les cours théoriques dispensés au Centre de Ste Maure, les voyages à l’étranger, … voilà quelques-uns des aspects de la méthode que pratique Pierre Freyburger avec les jeunes  qui fréquentent Ste Maure.

Mais, depuis fort longtemps, notre frère a manifesté à ses supérieurs son désir de partir en mission. C’est en 1979 que le P. Cazelles, alors provincial, accède à sa demande. En Côte d’Ivoire, à Dabou, le frère André Saulnier a besoin d’un aide. Pierre y restera 3 ans. En 1982, c’est le maître des novices qui réclame un adjoint : Pierre est nommé à ce poste important qu’il occupera pendant 10 ans, avant de servir, toujours dans la formation des jeunes religieux africains, au scolasticat d’Abidjan. En 1994, Pierre vient renforcer la communauté du Sanctuaire marial nouvellement construit dans la banlieue nord de la capitale ivoirienne. Les talents multiformes font qu’on a besoin de lui surtout dans le domaine économique et matériel. Notre frère a toujours eu l’âme d’un bâtisseur : c’est lui qui, en collaboration avec un architecte, conçoit les plans du noviciat d’Abadjin-Doumé, du scolasticat du quartier de  Riviera III, de la Maison Chaminade de Limete, à Kinshasa. Et, ces derniers temps, il s’était attelé à la tâche de la construction du «village Chaminade », en face du noviciat. Maître d’ouvrage et maître d’œuvre, conseiller technique et vérificateur des travaux, Pierre cumulait tous ces titres et remplissait  toutes ces fonctions, sans compter ceux d’économiste, de financier et de collecteur de fonds.

Revenu en congé au pays natal le 9 mai dernier, en vue de restaurer une santé quelque peu chancelante due à un surmenage au cours de ces derniers mois, Pierre séjournait pour quelques semaines dans la communauté de la Maison St Jean d’Antony avant un repos bien mérité en famille. Tel était son projet. Une crise de paludisme aigu entraînant un coma profond nécessita une hospitalisation à Clamart, le dimanche 25 mai. Tout fut tenté par l’équipe de réanimation de Béclère : c’était trop tard. Notre frère s’est éteint le 28 mai. Il allait fêter son 78ème anniversaire le 30 mai et son jubilé de 60 ans de profession le 12 septembre prochain.

2003-20

La Province de Zaragoza recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, ALBERTO ECHEVERRíA Y MARTíN, prêtre, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 13 mai 2003 à San Sebastián (Guipúzcoa), dans la 75ème année de son âge et la 56ème de sa profession religieuse.

Alberto Echeverria est né à San Sebastián (Guipúzcoa) le 22 avril 1929. Ses parents, Isidoro et Nieves, le firent baptiser le 29 avril. Il fit ses études au Collège Santa Maria, qui était dirigé par les religieux marianistes. Après avoir obtenu son baccalauréat, il entra au noviciat d’Elorrio le 14 novembre 1946. Il émit ses premiers vœux le 15 novembre 1947.

Après sa première profession, il fut envoyé à Carabanchel (Madrid) pour continuer sa formation au scolasticat. Il enseigna pour la première fois à Valence, en  septembre 1950. Nous le retrouvons trois ans plus tard à Vitoria, où il continua sa mission en enseignant aux aînés. Le 15 août 1952, Alberto prononça ses vœux définitifs à Vitoria. Il fut envoyé en septembre 1956 à la communauté de Valence où il termina ses études et obtint une Licence d’histoire. En septembre 1958, Alberto partit pour Fribourg pour faire des études de théologie en vue du sacerdoce. Il reçut en juin 1960 une Licence de théologie et fut ordonné prêtre le 16 juillet 1961. Il resta encore une année à Fribourg pour y faire des études de pastorale.

C’est en septembre 1962 qu’il servit pour la première fois comme enseignant et aumônier au Collège de San Sebastián. Devenant en 1966 le directeur de cet établissement. De retour à Valence en 1967, il  fut nommé directeur adjoint du collège, tout en continuant à servir comme professeur et aumônier. Il fut envoyé à Antony pour y faire des études de pastorale. Il retourna en 1971 au Collège du Pilar, à Valence. Le P. Echeverria vécut, pendant l’année scolaire 1972-73,  dans une communauté « expérimentale » avec un groupe de jeunes religieux, tout  en  continuant à travailler au collège. En septembre 1973, il fut envoyé au Collège San Ignacio de Adurza, à Vitoria. Cet établissement se trouve dans un quartier ouvrier, habité par des immigrés venant de plusieurs régions d’Espagne. Il s’y chargea de la formation humaine et religieuse des élèves. Le chemin qu’il avait parcouru changea de direction à partir de septembre 1979 : il travailla dans les paroisses et fut nommé curé de la paroisse de San José Obrero, à Burjassot (Valence). Il y servit entre autres dans l’œuvre sociale appelée « Manantial » qui avait été crée autour de la paroisse. Il donna pendant une année des leçons de catéchisme dans un institut de formation professionnelle du quartier. De retour à San Sebastián en 1987, Alberto travailla cette fois dans la paroisse de María Reina, dirigée par les marianistes. Il donna également des leçons au collège Santa María en collaborant dans le service de pastorale. Il fut directeur de la communauté  de 1992 à 1998 (pendant les années académiques). Il passa en 1998 à la communauté de Santa María, également à Sand Sebastián ; il y servit comme aumônier et comme professeur de philosophie.  Victime d’une encéphalopathie le mois dernier, il a subi une rapide et irréversible détérioration de ses conditions générales.

Alberto était un homme plein de vie avec un cœur d’or et un don pour la poésie. Bon communicateur, il était gai dans sa conversation et sérieux dans son travail, qu’il faisait toujours avec un grand intérêt. Il a vécu sa tâche d’éducateur et sa mission apostolique en travaillant avec passion, et en  aidant toujours ceux qui étaient dans le besoin. Il collabora également avec le Mouvement des Familles Chrétiennes à différentes reprises, ne perdant jamais l’occasion de travailler pour le renouvellement de l’Eglise et pour les pauvres. Il sut, pendant ces dernières années, être disponible pour le travail en faveur des religieux à la retraite, organisant des rencontres entre les religieux plus âgés de la Province de Saragosse. Ce souci pour les religieux âgés ne date d’ailleurs pas d’aujourd’hui : on avait déjà pensé, en 1976, à une commission dont Alberto faisait en quelque sorte partie. Homme direct, capable de faire face aux diverses situations, il n’hésitait pas à affronter les problèmes de convivialité autant que ceux qui étaient liés à sa mission apostolique. N’ayant jamais eu une santé particulièrement bonne, il prenait ses ennuis  avec humour, sans jouer au martyr. Nous garderons de lui le souvenir d’un homme honnête et travailleur, d’un prêtre qui, tel un bon berger, s’est occupé les brebis qui en ont eu le plus besoin.

2003-19

La Région du Autriche/Allemagne recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, WILHELM KREUTZER, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 7 mai 2003 à Pregarten, Autriche, dans la 88ème année de son âge et la 70ème de sa profession religieuse.

Wilhelm Kreutzer est né le 1er décembre 1915 à Unlingen, près d’Ulm, en Allemagne. Il était le huitième de dix enfants. Après avoir fait ses études pendant quelques années au lycée de Riedlingen, il entra au postulat de Freistadt et fit son noviciat à Greisinghof, où il prononça également ses premiers vœux le 20 août 1933.

Après avoir terminé à Freistadt sa formation pour l’habilitation à l’enseignement, il entreprit à l’université de Graz des études en vue d’obtenir une licence pour l’enseignement de l’anglais et du français ; il servit également comme préfet au Marieninstitut. Le Frère Kreutzer prononça ses vœux définitifs le 23 juillet 1939 à Freistadt. Peu de temps après, il fut appelé aux armes par la Wehrmacht. Après avoir été pendant une brève période  prisonnier de guerre, il retourna  à Graz en 1945. C’est en 1952 qu’il termina ses études.

Il enseigna au séminaire de l’Evêché de Linz de 1952 à 1953. Nous le retrouvons ensuite au Marianum de Fulda, où il servit comme professeur et comme éducateur de 1953 à 1986. Son premier souci fut toujours celui d’agir pour le bien de ses élèves, les guidant vers leur propre autonomie. On le voyait souvent, pendant les vacances d’été, peindre ou blanchir les murs de la maison. Apprécié de tous ses élèves, il les traitait tous avec la même gentillesse, que ce fussent de brillants étudiants ou pas.

Il fut prêt, en 1986, à quitter Fulda après y avoir servi pendant 33 ans, pour rejoindre Greisinghof. La tâche de Secrétaire provincial lui ayant était confiée, il s’occupa des traductions, des divers entretiens et de l’envoi du bulletin « Marianist », outre à arroses toutes les plantes de la maison.

Willis était doué d’une grande sensibilité musicale ; il s’occupait des chœurs pendant les liturgies et fit pendant des décennies parties du chœur de Fulda. Il  accompagna à l’orgue les messes qui se célébraient à Greisinghof.

Fin et sensible comme il l’était, le Frère Kreutzer sut encourager ses Confrères à vivre comme lui une vie marianiste authentique et active. Chaque mot gentil qui lui était adressé, il le recevait avec plaisir ; il en était fortifié, même lorsque sa vie reçut le fardeau du doute et de l’insécurité.

Son sens de l’économie était touchant autant que son absence totale de besoins personnels. Il était toujours prêt à soutenir quiconque était traité injustement. Les dernières années de sa vie furent des années de souffrance, due à une perte progressive de la mémoire. Il en souffrait d’autant plus qu’il était depuis toujours habitué à servir ceux qui avaient besoin de lui. Il se trouvait depuis 2000 dans la Maison de retraite de Pregarten où il reçut les soins dont il avait besoin.

2003-18

La Province de Madrid recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, áNGEL GALLO RENES, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 6 mai 2003 à Madrid, dans la 87ème année de son âge et la 69ème de sa profession religieuse.

ángel Gallo est né le 20 janvier 1917 à Covarrubias (Burgos). Il entra au postulat d’Escoriaza à l’âge de treize ans. Il commença son noviciat trois ans plus tard à Elorrio, où il prononça ses premiers vœux le 10 juillet 1934. Après trois ans de scolasticat, en pleine guerre civile espagnole, il fut appelé sur le front. Il restera dans l’armée jusqu’ à quelques mois après le rétablissement de la paix. Pendant ces années difficiles, le Frère ángel maintint le plus possible les contacts avec ses supérieurs et avec les autres religieux marianistes qui étaient, eux aussi, mobilisés. La correspondance de ces années reflète toute sa préoccupation religieuse et  sa volonté d’informer et d’être informé de la situation des autres jeunes  religieux marianistes.

A la fin de la guerre, il obtint un diplôme d’enseignant. Le Frère ángel se consacra définitivement à Dieu dans la Société de Marie le 15 août 1942 en émettant ses vœux définitifs. Il passa ses premières quatorze années de travail consacrées à l’éducation dans les collèges de Yurre et de Madrid (Nuestra Señora del Pilar et Fundación Santa Ana y San Rafael). Il reçut la charge de directeur du collège San Rafael de 1951 à 1953.

La mission qui occupera le reste de sa vie commença cette même année. De 1953 à 1964, il servit comme administrateur des collèges Nuestra Señora del Pilar de Madrid et san Felipe Neri de Cadiz. L’Administration Générale lui demanda par la suite d’assumer cette même responsabilité au séminaire Regina Mundi de Fribourg. Les religieux qui y furent séminaristes de 1964 et 1969 gardent de lui un excellent souvenir. Il fit ensuite partie de l’équipe de direction du Collège Mayor Chaminade de Madrid, où il fut très aimé du personnel et des élèves. Il continua à servir comme administrateur pendant les années de son séjour  dans la communauté du collège. Il fut envoyé en 1977 au postulat de Carabanchel où il continua à remplir la tâche qui lui avait été confiée auparavant. Il travailla également comme administrateur cinq ans plus tard, à l’Administration Provinciale. En 1997, à l’âge de 81 ans, déjà malade, il quitta son travail habituel.

Il cultiva pendant toute sa vie une grande passion pour la musique : le frère Angel avait une très belle voix de ténor ; il chanta comme voix soliste lors des célébrations de la communauté ou celles du collège. Depuis les années passées au Collège Mayor Chaminade, il fit partie de la chorale de l’université Saint Thomas d’Aquin, avec laquelle il porta sa musique dans de très nombreux pays, de la Pologne jusqu’à l’Amérique du sud. Lors des années qu’il passa à l’Administration Provinciale, il chanta, lors des années qu’il passa à l’Administration Provinciale,  avec la chorale de la paroisse de Santa Maria del Pilar à laquelle appartient la communauté. Il continua à faire partie de la chorale même les dernières années de sa vie, lorsqu’il était devenu fragile à cause de ses problèmes de santé : bien que très affaibli, il montait tous les dimanches l’escalier du chœur pour louer Dieu chaque jour avec son cantique.

La maladie continuait à miner sa santé. Une hémorragie chronique de l’œsophage ne cessait de l’affaiblir. Il eut besoin de transfusions de  plus en plus fréquentes. Lorsque les médecins firent le contrôle des résultats de ses analyses du sang, ils ne purent s’expliquer le prolongement de sa vie. « Il vit parce qu’il a envie de vivre » dirent-ils. Il passa sa dernière année dans l’infirmerie provinciale. Les transfusions son désormais continuelles. Son état est critique. Il ne répond plus aux traitements, et la situation devient encore plus grave, car il a pris une infection à l’hôpital. De retour dans sa communauté, il est transféré dans un logement isolé pour éviter tout risque de contagion. Le 6 mai, ángel, qui a toujours voulu vivre, rejoint la vie éternelle. Le chœur de la Paroisse de Santa Maria del Pilar a une voix en moins, mais le chœur des anges du ciel a été enrichi de la voix d’un bon ténor.

2003-17

La Région du Japon recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, EDOUARD BILLMANN, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 01 mai 2003 à Tokyo, dans la 91ème année de son âge et la 72ème de sa profession religieuse.

Edouard Philippe Billmann est né le 10 novembre 1912 à Wingen, Lembach, France. Il était le troisième de quatre enfants. Louis, son père, participa au service militaire en 1914, au cours de la première guerre mondiale et mourut en Sibérie en 1916. Edouard ne vit jamais le visage de son père. Il entra au postulat de Saint Hippolyte en 1928 et fit son noviciat à St. Remy-Signeulx (Belgique), où il prononça ses premiers vœux le 12 septembre 1931. Après avoir terminé sa formation pour l’habilitation à l’enseignement au scolasticat de Rèves (Belgique) de 1981 à 1933, il travailla comme professeur à Art-sur-Meurthe (France) - 1933 à 1935 - avant de partir pour le service militaire de 1935 à 1936.

Il reçut en 1936 une lettre signée par le Bon Père Kieffer lui demandant de partir pour le Japon pour remplacer un Frère qui rentrait dans son pays natal après 45 ans de service. Il va sans dire que la réponse du Fr. Edouard fut affirmative. Après une courte période préparatoire d’un mois, il quitta Marseille le 30 octobre 1936 et arriva à Kobé, Japon, le 12 décembre pour se consacrer au service de Dieu au Japon ; un service qui durera 70 ans.

La deuxième guerre mondiale qui commença peu de temps après l’obligea à quitter le Japon avec 14 autres jeunes français, pour rejoindre l’armée française ; ils apprirent, dès leur arrivée en Indochine française (le Viêt-nam actuel), que la France avait été occupée par l’Allemagne. Le groupe resta donc en Indochine pour y poursuivre son service dans l’armée sous l’autorité militaire française et japonaise. Le Frère Billmann rentra au Japon fin juin 1942 grâce à l’intervention des supérieurs marianistes, et travailla dans une école étrangère à Kobé, dirigée à cette époque par les marianistes japonais. Il y resta jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale (août 1945). Il vécut alors la période la plus dure de sa vie (situation alimentaire très difficile, peur des bombardements, incendie de l’école et de la maison marianiste, etc...) L’école fut fermée en 1946 et il fut envoyé au Saint Joseph College à Yokohama, Japon.

Au bout d’une année, il fallut envoyer du renfort au collège l’Etoile Brillante (Meisei) d’Osaka ; il y enseigna le Français, l’Anglais et la Religion. Ce séjour, qui dura presque 10 ans, devint pour lui un souvenir inoubliable, qu’il appela son «premier amour. »  De 1954 jusqu’à sa retraite, il resta à Gyosei (Ecole de l’Etoile du Matin), Tokyo, et y enseigna le Français, l’Anglais et la Religion. Sa retraite en 1996 ne  l’empêcha pas de rester actif : beaucoup de gens continuaient à venir le voir pour apprendre le Français et le Catéchisme.

En 1992, le gouvernement japonais lui décerna une décoration spéciale pour sa contribution à l’éducation des jeunes japonais. En 1994, il fut également décoré ‘Chevalier de la Légion d’Honneur’ par le gouvernement français. On  fêta le 6 décembre 1996 le 60ème anniversaire de son arrivée au Japon. A partir de décembre 1999, il fut accueilli dans la maison de retraite de la communauté marianiste de Chaminade pour y passer les dernières années de sa vie. En 2001, il rendit visite à Wingen, son pays natal, pour y revoir avec joie sa sœur et la famille de ses neveux. A partir de 2002, il dut rester au lit la plupart du temps ; étant sans appétit, il fut hospitalisé plusieurs fois. Victime d’une pneumonie, il rendit son âme à Dieu le 1er mai 2003.  Le Frère Billmann fut le dernier marianiste français à avoir été envoyé au Japon.

2003-16

La Région du Japon recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, FUMIKAZU PAUL SUGIYAMA, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 26 avril 2003 à Nagasaki, dans la 71ème année de son âge et la 51ème de sa profession religieuse.

Fumikazu Paul (Niichi) Sugiyama est né le 10 juin 1932 à Kuroshima (Nagasaki). Il était le second garçon et quatrième des dix enfants de Pierre Toru Sugiyama et de Julie Somi. Il entra en 1946 au postulat de l’école secondaire de Taisei, à Fukuoka. L’établissement scolaire de Taisei venait d’être confié à la Société de Marie par le diocèse de Fukuoka qui l’avait utilisé jusqu’alors comme séminaire.

Le Fr. Sugiyama fut envoyé au collège de Gyosei (Tokyo) en 1947 pour continuer ses études ; il y resta jusqu’en 1951, lorsqu’il entra au noviciat de Kiyose, à Tokyo.  Il prononça ses premiers vœux le 25 mars de l’année suivante et retourna ensuite à Gyosei pour y terminer ses études secondaires supérieures.

Il obtint en 1957 une licence de chimie auprès de la Tokyo Rika University et fut affecté au collège de Kosei, à Sapporo, où il enseigna la chimie pendant 14 ans. C’est en 1959 que le Frère Sugiyama prononça  à Tokyo ses vœux perpétuels.

Il travailla comme principal-adjoint du collège de Kosei dans les bureaux de l’administration de 1964 à 1971. De 1971 à 1972, le Fr. Sugiyama poursuivit ses études : il prit part à un cours de chimie avancée à l’université de Sophia, à Tokyo, puis à l’université de Dayton, aux Etats-Unis, de 1972 à 1973. Après ces trois années de « mise à jour » de ses études, il retourna enseigner au collège de Meisei, à Osaka. Il fut nommé principal du collège de Kosei, à Sapporo, en 1988. Au long de ses années de service dans cet établissement, il donna une nouvelle énergie aux préparatifs pour la réouverture des cours secondaires supérieurs, qui étaient restés inactifs pendant vingt ans. Avant l’ouverture en 1996 de ces nouvelles classes, le Frère Sugiyama avait quitté son poste de principal, ayant pris une année sabbatique qu’il passa à Rome, Via Latina. De 1998 à 2002, il retourna enseigner à temps partiel è Kaisei, Nagasaki, consacrant son temps libre aux études de théologie et à la préparation d’un diplôme d’habilitation pour l’enseignement de la religion.

Le Fr. Paul Sugiyama était un homme d’effort. L’enseignement était pour lui un grand plaisir. Il avait pris l’habitude, depuis sa jeunesse,  d’apprendre quelque chose en plus pendant les périodes de vacances, été comme hiver. C’est ainsi qu’il continua à perfectionner ses connaissances en chimie, mais également dans beaucoup d’autres matières, afin de pouvoir obtenir d’autres licences. C’est ainsi qu’il obtint également une licence de mathématiques, un diplôme pour l’enseignement aux personnes handicapées, un diplôme universitaire d’Anglais et également de Religion. Il pouvait enseigner le japonais et la calligraphie tout aussi bien. Il reçut également une habilitation pour les travaux d’entretien, pour la sécurité des matériaux explosifs et des combustibles, etc, etc. Il est presque impossible de faire une liste de tout ce qu’il avait appris à faire en une seule page.

Le Fr. Paul, qui avait été en bonne santé la plus grande partie de sa vie, avait appris le judo lorsqu’il était étudiant. Il travailla infatigablement pendant toute sa vie. C’est pendant ces dernières années qu’il devint diabétique. Il fut nécessaire de l’opérer de la cataracte.  Lorsqu’il commença à sentir une torpeur de plus en plus fréquente dans ses jambes, il décida de quitter, à partir du mois de mars 2003, son travail à l’école. Il est décédé d’une crise cardiaque, dans sa chambre, le matin du 26 avril.

2003-15

La Province des Etats-Unis d’Amérique recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, LOUIS N. SCHOTT, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 06 avril 2003 à Dayton, Ohio, dans la 97ème année de son âge et la 67ème de sa profession religieuse.

Louis Schott est né le 27 mars 1907 à Pocahontas, dans l’Iowa. Il était le quatrième des six enfants de Charles Schott et de Anna Stelpflug. Il fit ses études universitaires au Trinity College, université marianiste qui se trouve à Sioux City, Iowa. Il y obtint une licence de Philosophie en 1933.  Il entra au noviciat à Mount St. John, Dayton, en 1936. C’est le 2 février 1937 qu’il prononça ses premiers vœux. Il émit ses vœux définitifs le 25 août 1940.

Le Frère Louis servit la Société de Marie en servant dans de nombreux ministères. Il enseigna à l’école primaire d’Immaculate Conception à Washington, D.C., et à St. John’s Home, à Brooklyn, New York, pendant de nombreuses années, continuant à travailler dans cet établissement lorsque celui-ci fut transféré à sa nouvelle adresse de Rockaway, New York. Il enseigna les matières relatives à la gestion d’entreprises dans divers établissements d’études secondaires supérieures : North Catholic High School, à Pittsburgh ; Cathedral Latin High School, Cleveland ; Chaminade High School, Dayton et  St. James High School, à Chester,  Pennsylvanie.

Le Fr. Louis, qui possédait un talent particulier pour les matières liées à l’administration d’entreprise, travailla comme responsable des affaires temporelles dans plusieurs communautés – dont celle de Mount St. John à Dayton ; Chaminade High School à Mineola, New York ; Colegio Ponceño et Colegio San José à Puerto Rico ; la Maison Provinciale de Baltimore ; Most Holy Trinity à Brooklyn et St. James, à Chester.

Le Frère Louis prit sa retraite en 1972 ;  il  continua à  être actif, servant les Frères plus âgés dans la maison de retraite de Jenkins Memorial, à Baltimore. Il fut accueilli dans la communauté de Lincoln Street, à Hollywood, Californie, en 1976 et resta dans cette communauté pendant 18 ans, servant les Frères plus anciens et s’occupant des affaires temporelles. Nous le retrouvons  auprès de la communauté de St. Joseph, à San Antonio, Texas, en 1991. Il fut accueilli  à St. Leonard, Centerville (Ohio), en 1994. En décembre de l’année dernière, il fut envoyé dans la communauté de Mercy Siena Gardens avec d’autres confrères Marianistes.

Le Frère Jim Vorndran se souvient avec affection du Fr. Louis comme de « l’homme aux oiseaux » de St. Leonard. « Il était très affectionné aux oiseaux. Il en avait cinq dans sa chambre : un cacatoès, une colombe, un couple de perroquets et un canari. Il avait l’habitude de donner à manger aux canetons dans la cour de la maison de St. Leonard. Je les vois encore : ils s’étaient habitués à lui et venaient près de lui chaque fois qu’il sortait. »

Il fit partie des « Knights of Columbus » et de « l’Ordre Catholique des Gardes Forestiers « , l’une des plus grandes sociétés d’assurance vie pour les confréries des Etats-Unis. Il servit en outre comme Ministre Extraordinaire de l’Eucharistie. Notre Frère aimait également beaucoup danser.

Homme robuste et dont la santé avait été jusqu’alors relativement bonne, notre Frère fut atteint de pneumonie quelques semaines avant sa mort. Il est décédé à l’hôpital de Miami Valley, à Dayton. Un seul de ses frères, Francis est encore en vie. Il vit à Waukon, dans l’Iowa.

2003-14

La Province de France recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, ISIDORE HEITZ, prêtre, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 04 avril 2003 à Lavaur dans la 84ème année de son âge et la 65ème de sa profession religieuse.

François Isidore Heitz est né le 5 janvier 1920 à Geispolsheim, en Alsace, et baptisé ce même jour. Aîné d’une famille chrétienne de 8 enfants, dont une sœur religieuse et deux frères incorporés d’office dans l’armée allemande, tous deux tombés sur le front de Russie. A l’âge de 12 ans, il rentre au postulat marianiste (de Saint-Hippolyte, dans le Haut-Rhin). Après son noviciat à Saint Rémy Signeuls (Belgique), il fait sa première profession religieuse, comme marianiste, le 24 septembre 1938. Il n’avait pas encore 19 ans !

Mobilisé en 1940, prisonnier, libéré comme Alsacien, il est réfractaire et se réfugie à La Rochelle où il en profite pour poursuivre ses études. Il est titulaire de la carte d’Ancien Combattant et Victime de guerre. De 1943-1945, il fait ses débuts d’enseignant comme instituteur à Joeuf Génibois. Durant l’année 1945-1946 il suit des cours à l’institut catholique de Paris et à la Sorbonne ; en 1946, il est à Strasbourg comme professeur et surveillant d’internat. En 1948, il est admis au séminaire international de Fribourg, en Suisse. Ordonné prêtre le 22 juillet 1951, il est nommé au Collège Saint-Étienne de Strasbourg, où il exercera durant près de 33 ans comme professeur d’allemand et de religion . Le Père Isidore, licencié ès lettres, s’intéresse à la philosophie, à l’art et il sait passionner ses élèves. C’est un travailleur acharné, méticuleux, voire perfectionniste, se documentant sans cesse, approfondissant ses connaissances qu’il sait partager.

En 1985, à 65 ans, c’est l’âge de la retraite comme professeur. Il quitte Strasbourg pour la communauté de Saint-Hippolyte où il aura la charge des paroisses de Rodern et de Rorschwir. On découvre le Père Isidore sous un autre aspect, Curé et Pasteur : il aime rencontrer les personnes, il s’intéresse à elles, les écoute. Sous un aspect réservé, il se montre très chaleureux ; il est vite très apprécié. Huit ans plus tard, en 1993, il est nommé à Saint Avold, diocèse de Metz, au Sanctuaire de la basilique Notre-Dame du Bon Secours dans l’équipe d’animation du Pèlerinage, et il a, de plus, la charge de deux paroisses.

Cinq ans plus tard, en 1998, ses Supérieurs lui demandent de quitter l’est pour rejoindre, comme prêtre, la communauté de Fiac, loin de son Alsace natale, pour être aumônier et assurer un service paroissial ; il accompagnait une vingtaine de groupes du Rosaire. Ceux qui ont pu l’approcher de plus près, mieux le connaître ont perçu sa profonde culture, sa spiritualité, sa théologie.

Le Père Isidore était un homme de Dieu, un homme de prière, un homme de réflexion, soucieux d’aider chacun à approfondir sa foi. A 80 ans passés, sa santé se fragilise ; le cœur lui donne quelques soucis. Ces derniers temps, il se sentait plus fatigué. Hospitalisé à Lavaur le mardi 1er avril, il était en observation ; la veille de sa mort, les infirmières l’ont trouvé détendu, jovial, évoquant des souvenirs de son ministère. Et le 4 avril, le jour de la fête de son saint Patron, Saint Isidore, à 1 heure du matin, Dieu l’a rappelé à lui.

2003-13

La Province des Etats-Unis d’Amérique recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, MARION T. PIETKIEWICZ, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 30 mars 2003 à Balitmore, Maryland, dans la 73ème année de son âge et la 40ème de sa profession religieuse.

Marion Teofil Pietkiewicz est né le 22 février 1931 à Trenton, dans le New Jersey. Il était l’un des trois fils de Kathryn Koryzana et de Boleslaw Pietkiewicz. Après avoir travaillé comme expert comptable, le Frère Marion entra au noviciat de Marcy, New York, et y prononça ses premiers vœux le 22 août 1963. Il émit ses vœux perpétuels le 24 août 1966.

Le Frère Marion était un étudiant éclectique : il obtint un diplôme de Comptabilité qui lui fut conféré à l’université de Ryder, une licence d’Anglais à l’université de Dayton et une maîtrise en Lettres à la John Hopkins University, où il reçut également un certificat d’Etudes supérieures.

Il enseigna à partir de 1965 ; c’est au collège Chaminade High School de Mineola, New York qu’il servit pour la première fois comme professeur. Il fut envoyé par la suite à Baltimore, où il enseigna l’anglais et la littérature de 1974 à 1979 dans l’établissement Cardinal Gibbons High School. C’est à Chaminade High School, en Florida (Hollywood), qu’il servira les huit années suivantes. En 1988, le Frère Marion retourna à Baltimore où il restera jusqu’à sa mort.

Lorsqu’il était encore jeune, il fut victime d’une chute qui  endommagea gravement une partie de sa colonne vertébrale lui paralysant les jambes. Cela ne l’empêcha pas d’être un professeur très aimé de ses étudiants, auxquels il sut transmettre son amour pour la littérature et pour la musique. Il avait une manière  particulièrement créative d’enseigner et un grand  cœur. « Il était une véritable inspiration pour sa classe – un homme de talent et d’un un esprit brillant, » a dit de lui le Frère Howard Hughes, qui avait travaillé avec le Frère Marion à New York. 

Ayant lui-même été victime de l’alcool – un mal  qu’il avait réussi à vaincre -, le Frère Marion passa de nombreuses années auprès des personnes sans toit ou  aux prises avec l’alcoolisme. Il travailla avec l’association des Alcooliques Anonymes, passant de longues heures à parler avec ceux qui avaient besoin d’aide et à les conseiller, touchant avec délicatesse les vies d’un grand nombre de personnes en lutte contre la dépendance de l’alcool.

« La vie du Frère Marion fut riche d’événements surprenants, mais également pleine de douleur, » dit de lui le Frère Stephen Glodek. « à travers ces événements et à travers sa douleur il a su toucher, avec sa chaleur et  avec une attention pleine de délicatesse -, la vie d’un très grand nombre de personnes. »

Il fut transféré au centre hospitalier de Genesis Health Ventures (Baltimore) le 22 octobre 2002, où il demeura jusqu’au dernier jour de sa vie.  Un cancer de la prostate a été la cause de son décès. Son frère Zenon, qui habite à Princeton, dans le New Jersey, est encore en vie. Nous remercions Dieu du don qu’il nous a fait en  donnant la vie à notre cher Frère Marion. 

2003-12

La Région du Japon recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, KIKUICHI MICHEL MATSUOKA, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 21 mars 2003 à Tokyo, dans la 99ème année de son âge et la 80ème de sa profession religieuse.

Kikuichi Michel Matsuoka est né dans la ville de Nagasaki le 18 mars 1905, de Gennsaburo Michel et Jeanne Yone Matsuoka. Il entra à Ste Marie – Gakuin  à l’âge de 14 ans. Ce collège se trouvait alors à Urakami, dans la ville de Nagasaki. Il fut admis au postulat de la Société de Marie lorsqu’il y faisait encore ses études. C’est en 1922 qu’il entra au noviciat ; il prononça ses premiers vœux à Urakami, le 1er avril 1923.

Immédiatement après avoir terminé  en mars 1926 ses études universitaires à Gyosei, Tokyo, il fut envoyé au collège de Kaisei, à Nagasaki. Il y travailla comme  professeur adjoint et comme directeur de l’internat. Le Frère Matsuoka émit ses vœux définitifs en 1928 à Chaminade (Tokyo). 

Le long chemin qu’il a parcouru comme professeur de littérature japonaise, une fois  sa licence à l’université de Tokyo obtenue (1931), le conduisit dans tous les établissements marianistes du Japon. Il retourna à Ste Marie-Gakuin,  Urakami, pour y enseigner en 1931. C’est à Kaisei (Nagasaki) que nous le retrouvons l’année suivante. Il  fut envoyé à Meisei, Osaka, deux ans  plus tard et à Gyosei (Tokyo), en 1941.  Il enseigna par la suite dans divers établissements dont l’école de Taisei à Fukukoka, où il servit en 1953, avant de retourner à Gyosei en 1954.

Le Frère Matsuoka reçut en 1959  la charge de Proviseur du lycée de Taisei, à Fukuoka (Kyushu).  Il continua à exercer son mandat dans cet établissement jusqu’en 1991.  Une fois à la retraite, il se consacra à l’enseignement du catéchisme aux catholiques aussi bien qu’aux non-catholiques.

L’un des traits du caractère de notre Frère était sa grande volonté. Il  ne se plaignait de la fatigue ou de la douleur que bien rarement ; le cancer de la prostate dont il souffrait ne fut pas découvert à temps. Ce n’est qu’en 1998, lorsqu’il fut envoyé au centre de soins qui faisait partie de Chaminade Shudoin, à Tokyo, que l’on constata qu’il se trouvait désormais dans la phase terminale de la maladie, qui avait  envahi la zone du pelvis, sans que jamais le Fr. Matsuoka n’eût manifesté sa souffrance. Le Frère Michel est décédé le 21 mars dans la  sérénité à l’hôpital qui se trouve près de Chaminade Shudoin, à Tokyo.

2003-11

La Province de Zaragoza recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, JUAN ANTONIO RÉGIL LAISECA, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 16 mars 2003 à Logroño (La Rioja), dans la 68ème année de son âge et la 51ème de sa profession religieuse.

Juan Antonio Régil est né à Yurre-Urquizu, dans la province de Biscaye, le 10 août 1935. Le village de Yurre, où il y avait une école dirigée par les marianistes, a donné de nombreuses vocations à la Société de Marie. Il entra au postulat missionnaire de Ségovie le 2 octobre 1948, inspiré par l’exemple d’un oncle marianiste. Il entra au noviciat à Elorrio le 11 septembre 1951 et prononça ses premiers voeux le 12 septembre 1952. Après quelques années d’études au scolasticat de Carabanchel, il fut envoyé au postulat d’Escoriaza où il servit comme instituteur des plus petits et comme préfet. Il émit ses voeux perpétuels le 15 août 1958, à Vitoria. Il quitta Escoriaza pour rejoindre la communié rurale d’Elorrio (Biscaye) en 1961 ; il s’occupa également de la direction de la petite école de trois unités en 1963 et resta dans cette communauté jusqu’au moment de sa clôture, en 1970.

Le Frère Régil fut ensuite envoyé à Barcelone, au colegio del Pilar ; l’établissement appartenait alors à la SEAT et il était dirigé par les marianistes. Ses supérieurs lui donnèrent la possibilité de passer une année de recyclage à l’école de la Foi de Fribourg, où il resta pendant deux années de cours.

De retour en Espagne (1079), il fut accueilli par la communauté de Burjassot ; celle-ci est liée à la paroisse de San José Obrero. Il donnait des leçons au Colegio del Pilar de Valence et se rendait utile à la paroisse l’après-midi et pendant les fins de semaine. Au bout de trois ans (1982) il alla vivre à la communauté du Pilar tout en continuant à travailler au collège ; il se chargea également de l’administration de la communauté.

C’est à Longroño que nous le retrouvons en 1996 : il y travailla à l’internat, où il ne manquait jamais de donner une note optimiste et gaie pour encourager les internes, qui venaient des régions situées autour de Logroño. Il y a quelque temps, notre Frère a dû affronter quelques problèmes de santé qui ont rendue nécessaire une opération à la hanche. Son état paraissait s’être amélioré. Une crise cardiaque a brusquement mis fin à ses jours démanche 16 mars pendant qu’il retournait à la maison. Il a été rappelé à la Maison du Père. Puisse-t-il reposer dans la paix du Seigneur.

Juan Antonio était un homme bon, simple, affectueux, serviable ; un homme de communauté, sans aucun complexe, sans peur du ridicule. Son souci pour les oeuvres de la Société, pour les vocations, pour les religieux que vivaient avec lui était admirable. Il était heureux de participer à toutes les activités organisées par la Province. Religieux accompli, il aimait la prière en commun et accompagnait avec joie les chants liturgiques en jouant de l’harmonium. Il aimait aider ses élèves en leur remontant le moral et en se préoccupant de leur vie et de leur famille.

2003-10

La Province de France recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, ARSèNE VOLKRINGER, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 13 mars 2003 à Colmar dans la 96ème année de son âge et la 78ème de sa profession religieuse.

Né le 14 décembre 1907 à Thal–Marmoutiers, Arsène Volkringer y fut baptisé le 22 du même mois et passa toute son enfance, y compris la guerre 1914–18, près de ses parents. Nous le trouvons ensuite à Saint Hippolyte où il fit son postulat qu’il poursuivit à Antony. C’est à Saint Rémy-Signeult qu’il accomplit son noviciat puis à Antony son scolasticat.

Dès 1928 il est instituteur à Tourcoing mais il commence à ressentir divers ennuis de santé qui ne le quitteront plus. Nous le retrouvons à Rêves, en Belgique, comme surveillant, puis à Montauban comme professeur, à Antony comme frère – Maître après la guerre puis à la Tour de Scay ; il redevient surveillant sans doute à cause de sa santé, à Clisson, Art sur Meurthe, Réquista. Enfin il s’établit pour un long temps au Séminaire Marianiste de Fribourg en Suisse où il assume les fonctions de portier jusqu’en 1989. C’est là qu’il donne toute la mesure de son dévouement et qu’il se fait d’innombrables amis parmi les séminaristes venus de tous les pays, et d’autres personnes, en particulier des Religieuses.

C’est dans ce lieu cher à son cœur qu’il recevait les visiteurs et les résidents, qu’il écoutait leurs problèmes et leurs soucis, offrait à chacun sa cordialité et son sourire et qu’il attirait l’estime et la reconnaissance de tous ceux qui l’ont connu. « Seul, lui écrira le Bon Père Hakenewerth, seul le Seigneur et la Vierge Marie savent combien de personnes vous avez influencées au cours de ces années durant lesquelles vous avez œuvré de tant de façons différentes, au sein de la Société mais également au-dehors, mais nous sommes sûrs que ces longues années de service ont été un don spécial de Dieu pour vous et le résultat de votre propre collaboration avec Sa Grâce ». Les séminaristes de ce temps-là disent que Monsieur Arsène était non seulement un bon portier, mais aussi un excellent conseiller.

Un autre témoignage, émanant d’une sœur : « Merci mon Dieu pour avoir vécu de longues années près de Monsieur Arsène. J’ai beaucoup appris auprès de lui en voyant sa simplicité, sa sagesse, son bon caractère, son esprit de service et de cordialité pour tous ».

Et à ces témoignages parmi beaucoup d’autres, Monsieur Arsène pouvait écrire, en remerciement aux voeux que lui adressait le Bon Père, ces lignes : « Et quelle dette de reconnaissance je dois à la Société de Marie de m’avoir accepté dans son sein, quand mon oncle marianiste alors professeur à Sion, m’a proposé de le rejoindre dans sa famille religieuse. Par ma vocation j’ai trouvé mon bonheur en offrant mes services à l’Eglise dans la Société de Marie… Que le Seigneur soit remercié de ces voies imprévues qu’il a choisies pour moi ».

Nous n’avons rien dit de sa famille, mais ses liens avec chacun, petits et grands, étaient très forts et plein de tendresse, partageant les joies et les peines de tous et les portant tous dans sa prière.

Il a fini ses jours à Saint Hippolyte, toujours souriant, enthousiaste, c’est-à-dire plein de Dieu, admirant jusqu’au bout la belle nature, les oiseaux, les nuages, les arbres tel un vénérable vieillard ayant gardé une âme d’enfant. Qu’il repose dans la paix de son Seigneur.

2003-09

La Province de Madrid recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, JOSÉ RICARDO UNZUETA AGUIRREZABALA, prêtre, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 5 mars 2003 à Cádiz, Espagne, dans la 85ème année de son âge et la 68ème de sa profession religieuse.

José Unzueta est né le 9 juin 1918 à Yurre,  en province de Biscaye, une région qui nous a donné de nombreux religieux marianistes. Treize années plus tard, José entra au postulat d’Escoriaza (Guipuzcoa) et le 9 juillet 1934 il y commença son noviciat. Il poursuivit ses études les deux années suivantes, à Vitoria puis à Ségovie. C’est en septembre 1937 qu’il servit pour la première fois comme éducateur. Neuf ans plus tard, il fut envoyé au séminaire de Fribourg pour se préparer au sacerdoce. Il s’engagea définitivement comme religieux marianiste par sa profession définitive, en 1939, travaillant la même année dans les collèges de Jerez de la Frontera, Madrid et Escoriaza tout en arrivant au terme de ses études de pédagogie et en obtenant une licence de Philosophie et Lettres.

Il fut ordonné prêtre en 1948 par Mgr. Charrière. Il resta une année encore au séminaire avant d’être envoyé à Tanger (Maroc), où il entreprit le chemin de son ministère sacerdotal. Le P. José  fut envoyé deux ans plus tard à Ciudad Real où il oeuvra d’abord comme aumônier et comme professeur, et, en 1957, comme Directeur du collège et de la communauté. Après une année à La Parra, lors de laquelle il servit comme confesseur ordinaire du noviciat, il reçut la charge de Directeur de la communauté de l’Administration Générale à Rome.

De retour en Espagne en 1962, il fit  deux brefs séjours, l’un à Madrid et l’autre à Jerez, avant de rejoindre le nouveau collège de Cadiz, où il restera jusqu’à sa mort. C’est dans cette ville qu’il servit, pendant presque quarante ans, comme aumônier et professeur aussi longtemps que ses forces le lui permirent. Pendant ses dernières années d’enseignement, il fut professeur de religion à l’école d’infirmiers «Salus infirmorum », liée au diocèse de Cadiz ; compte tenu du fait que les infirmiers sont de futur professionnels de la médecine, il leur servit de guide dans le domaine difficile de la bio-éthique. Les rapports d’amitié qu’il avait avec ses élèves ne se sont jamais interrompus, ce qui a été bien visible au moment  de l’hospitalisation du P. José. Ses anciens étudiants, qui travaillent maintenant à l’hôpital, l’ont bien démontré par leur assistance affectueuse.

Il cessa d’enseigner à l’école d’infirmiers en 1998, âgé déjà de plus de 80 ans. Une fois à la retraite, il continua sa vie en communauté, dans la tranquillité de la prière et d’une vie qui méritait bien le repos. Victime d’une hémorragie cérébrale, le P. José a été transféré à l’hôpital de Puerta del Mar en février dernier. Après s’être partiellement remis, il fut frappé d’une pneumonie dont il ne s’est plus remis José a rejoint le Seigneur à l’aube du 5 mars.

Bien que n’ayant pas été envoyé dans une communauté du Pays basque après ses premières années de vie religieuse, il avait conservé tous les souvenirs de son enfance et de sa jeunesse ; il continua à parler la langue basque comme lorsqu’il étai enfant. Il aimait également beaucoup la langue anglaise, qu’il avait décidé d’apprendre comme complément de ses études universitaires de Philosophie et Lettres. Il se rendit en Angleterre plusieurs fois pendant l’été  pour perfectionner ses connaissances linguistiques. C’est ainsi qu’il put enseigner l’anglais aux élèves du lycée et aux séminaristes du diocèse de Cadiz.

Bien que le P. José fût un homme au caractère réservé, il entretint une correspondance épistolaire particulièrement riche. Plus de cent de ses lettres sont conservées dans les archives de sa Province. Les premières sont ses demandes d‘entrer dans la Société et les demandes de renouveau de vœux ; on y perçoit tout l’enthousiasme qu’il ressentait pour la vie religieuse. Les lettres suivantes contiennent une abondance d’informations concernant ses différentes missions, ses succès et ses échecs, ses petits problèmes et ses grandes espérances. Elles reflètent le caractère d’un homme conscient de ses limites et sur de ses convictions, qui se sent appelé à annoncer l’évangile en tant qu’éducateur et prêtre. Le P. José est décédé le premier jour de carême. Il a déjà parcouru de chemin qui mène à la Pâque éternelle.

2003-08

La Province des Etats-Unis d’Amérique recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, JOHN EUGENE KRUS, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 4 mars 2003 à Fort Worth, Texas, dans la 66ème année de son âge et la 49ème de sa profession religieuse.

John Krus est né le 7 juin 1937 à St. Louis, Missouri, de John et Caroline Guzior Krus. Après avoir obtenu son baccalauréat à St. Mary High School, St. Louis, il entra au postulat de la Province de Saint Louis à Maryhurst, Kirkwood (Missouri). Il émit ses premiers vœux le 15 août 1954 et ses vœux perpétuels le 19 juillet 1959. Le Frère Krus obtint une licence de Chimie en 1958 et une maîtrise en Mathématiques en 1966 auprès de l’université de St. Mary, à San Antonio, Texas.

Educateur respecté pendant presque un demi-siècle, le Fr. John enseigna les mathématiques dans les classes secondaires et à l’université au Texas, dans le Missouri, dans le Wisconsin et dans la Province du Pérou. Il enseigna au Texas en 1957, à St. Joseph’s High School (Victoria), et fut ensuite affecté à Central Catholic High School (San Antonio), où il servit de 1959 à 1968. C’est à St. Louis que le Frère John enseigna les six années suivantes : dans l’ancienne McBride High School de 1968 à 1971, et à Chaminade High School de 1971 à 1974.  Nous le retrouvons ensuite  en Amérique du sud ; il y enseigna pendant cinq ans dans la Province du Pérou. De retour à St. Louis, il travailla à St. John Vianney High School de 1980 à 1984 et pendant trois ans à Thomas More High School, Milwaukee, dans le Wisconsin.

De 1987 à 1994, le Fr. John enseigna dans son établissement d’origine, l’université de St. Mary. Il retourna à Chaminade High School (St. Louis) pour l’année scolaire 1994-95. A partir de cette même année, il dirigea le laboratoire d’informatique à Nolan Catholic High School, à Ft. Worth.

John était un passionné de sports ; il aimait beaucoup aller en bicyclette et avait fait de la boxe lorsqu’il était lycéen à St. Mary’s High School : il mérita même un trophée pour ses excellentes qualités sportives. Il fut arbitre et entraîneur dans diverses disciplines lorsqu’il était encore un jeune religieux et travailla pendant plusieurs étés avec l’équipe de Camp Tecaboca, dans le Texas,  assistant les campeurs qui travaillaient le bois.

Notre Frère était un homme réservé - voire timide -, qui avait pris son engagement de religieux profès très au sérieux. Il vivait une vie simple, sans aucune prétention. « Il était extrêmement fidèle à sa vie de prière, » dit le P. Larry Doersching. « Arrivant toujours le premier dans la chapelle chaque matin, même pendant les fins de semaine. » Il se rendait disponible de toutes les manières : comme participant au Programme « Habitat pour l’Humanité » du collège  Nolan Catholic ; comme collaborateur dans un programme d’anglais comme seconde langue ; comme professeur de support en informatique au lycée. « Il offrait son aide dans tous les domaines, et le faisait avec la plus grande discrétion, » poursuit  le P. Doersching.

Le Fr. John avait été soigné pour des problèmes cardiaques pendant ces dernières années ; il est brusquement décédé pendant la journée de mardi 4 mars. Puisse-t-il reposer en paix. Trois de ses frères sont encore en vie : Gene, Herman et le Fr. Sylvester Krus, CSC, ainsi que deux sœurs, Dorothy Sims et Irene Kopsky. Tous vivent à St. Louis, excepté le Fr. Sylvester, qui vit dans le Massachusetts.

2003-07

La Province de France recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, ROGER NINFEI, prêtre, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 28 février 2003 à Antony dans la 87ème année de son âge et la 70ème de sa profession religieuse.

C’est à Moyeuvre, bourgade minière de la Lorraine industrielle que Roger Ninféi naît le 30 juillet 1916 au cours de la première guerre mondiale. Le milieu familial où sont cultivées les vertus de travail et de probité et où règnent un esprit chrétien et de solides traditions d’une part, l’influence des  « Frères de Marie » de l’école de Joeuf  toute proche, d’autre part, orientent le jeune élève vers le postulat marianiste d’Antony (1929), suivi de celui de Rèves et l’amènent à entrer au noviciat de Saint-Rémy-Signeulx (Belgique) en 1932. C’est le 12 septembre 1933 que Roger prononce ses premiers vœux. Sa formation religieuse et universitaire suit le parcours classique des Marianistes de l’époque : scolasticat à Rèves, puis à Fribourg (Suisse). Le jeune religieux fait ses premières armes comme enseignant à Art-sur-Meurthe (1937-39). Après la « drôle de guerre », c’est à La Rochelle (Charente Maritime) que Roger Ninféi est envoyé : enseignant, éducateur, étudiant, il mène de front toutes ses activités. Il faut dire que l’homme est servi par une intelligence brillante et qu’il est un travailleur acharné. Après la licence de Lettres classiques (1942), celle de théologie (Fribourg, 1947), il est ordonné prêtre en 1946 et couronne sa formation théologique par le doctorat en 1948 (Institut Catholique de Paris).

Deux ans après, ses supérieurs lui confient la direction de Sainte Marie de Monceau à Paris. C’est le début de la démocratisation de l’enseignement. En quelques années, les effectifs de cet établissement passent de quelques centaines à mille deux cents élèves. Les qualités du prêtre éducateur et du pédagogue sont unanimement reconnues. Un corps professoral compétent, dévoué, consciencieux fait le reste. Cette décennie a permis de déceler en lui les qualités qui font un « grand patron ». Aussi, à la direction de Sainte-Marie de Grand-Lebrun (Bordeaux) qui vient de lui être confiée en 1960, il s’attelle aussitôt à la construction de la chapelle du collège bordelais cher aux Marianistes, puisque situé dans la ville qui est le berceau de la Société de Marie. La chapelle Notre-Dame des Grâces marquera son passage en Aquitaine. Mais en 1962, Monseigneur Veuillot, cardinal-archevêque de Paris, supplie le Provincial marianiste de France de fournir au diocèse un religieux pour la direction du collège Stanislas. A son arrivée, le Père Ninféi trouve cette vénérable institution quasiment dans l’état où l’ont laissée les Frères en 1903 au moment des lois antireligieuses qui chassèrent de France les congrégations enseignantes. Le Père Ninféi révèle alors ses talents de bâtisseur. Il s’entoure d’un conseil d’administration, de personnalités compétentes et influentes et le nouveau Stan surgit de terre : bâtiments scolaires, amphis, restaurant self-service, piscine, gymnase … et quand la place manque à la surface du sol, on loge au sous-sol ce qui n’a pu être construit à l’air libre.

Après ces 8 ans où le Père Ninféi a donné le meilleur de lui-même, une nouvelle tâche lui est confiée : la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique de St.-Etienne (Loire). Ceux qui ont eu à travailler avec lui au cours de cette période se souviennent en particulier de l’homme compétent, possédant parfaitement ses dossiers, connaisseur avisé des textes de l’Education Nationale concernant les contrats, interlocuteur diplomate dans le cadre des relations avec les autorités académiques, conseiller efficace des chefs d’établissements et du corps professoral de ce diocèse. Sainte-Marie d’Antony constitue la dernière étape (1974-1984) de la « carrière » du Père Ninféi. Ce nouveau collège a été fondé en 1968 dans la banlieue sud de Paris. Le Père Ninféi  le dote de structures solides et efficaces tant en ce qui concerne les problèmes scolaires que ce qui touche à l’aspect éducatif. Au cours de ces dix ans l’établissement prend sa vitesse de croisière et se situe dans le peloton de tête des écoles catholiques de la zone sud du département des Hauts de Seine.

Ce n’est qu’à 68 ans que le Père Ninféi « décroche ». Ses responsabilités, multiples et prenantes, ont affecté sa santé. Des problèmes cardiaques et respiratoires le contraignent à un rythme de vie plus lent. Mais ses années de retraite sont toujours bien occupées : lectures, rédaction d’une monographie sur l’histoire de la « Maison Chénier » d’Antony, conférences mensuelles au Sillon Catholique … occupent le soir de sa vie.

Le dernier jour de février 2003, il participe à la vie de la communauté, partage le déjeuner avec ses frères retraités de la Maison Saint Jean et, discrètement, sans bruit, les quitte au cours de la soirée. Que Marie accueille auprès de son Fils Jésus celui qui a si bien travaillé au service des jeunes pendant un demi-siècle.

2003-06

La Province des Etats-Unis d’Amérique recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, JOSEPH EDWARD MALY, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 9 février 2003 à San Antonio, Texas, dans la 72ème année de son âge et la 54ème de sa profession religieuse.

Joseph Maly est né le 30 mars 1931 à St. Louis, Missouri, de Charles Maly et Julia Brautigam Maly. Il grandit dans le sud de St. Louis avec son frère Robert et sa sœur Loretta. C’est à l’école des Sœurs de Notre-Dame à St. Wenceslaus,  et  à Our Lady of  Sorrows qu’il fit ses études primaires. Encouragé par le P. Charles O’Neil, il commença à penser à la vie religieuse pendant sa première année de lycée qu’il passa à St. Mary’s High School. Le Frère Maly entra au postulat de Maryhurst en 1946, à  Kirkwood, Missouri. Il y fit ses deux dernières années d’études supérieures avant d’entrer au noviciat de Marynook, Galesville (Wisconsin) en 1948. C’est dans cette même communauté qu’il  prononça ses premiers vœux le 15 août  1949 et ses vœux définitifs le 16 juillet 1955. 

Après avoir  entrepris ses études universitaires à l’université de Dayton, il se joignit au groupe « pionnier » du scolasticat  de l’université de St. Mary, à San Antonio. Il obtint en 1952 une licence en Chimie qui lui fut conférée à l’université de Dayton et une maîtrise en Chimie qu’il reçut en 1967 à l’université de Notre Dame.

C’est dans son laboratoire que le Fr. Maly se sentait le plus à l’aise, entouré de  ses élèves, au travail avec ses éprouvettes. Sa carrière de professeur de chimie et de mathématiques avait pris le départ à St. Joseph, Victoria (Texas), et à Central Catholic High School, à San Antonio. Il enseigna également les sciences générales et la religion, et fut entraîneur de golf.

Pendant ses années d’enseignement, le Fr. Maly servit dans divers établissements. Il quitta le Texas après ses deux premières années comme professeur pour poursuivre sa mission à Assumption High School, à l’est de Saint Louis. Il retournera au Texas trois ans plus tard pour y enseigner cette fois pendant trois ans. C’est ensuite au collège  Don Bosco de Milwaukee (Wisconsin) qu’il fut envoyé pour y travailler deux ans avant de retourner au Texas où il oeuvra cette fois pendant neuf ans à Central Catholic, avant d’être affecté à St. Louis où il enseigna pendant trois ans à Chaminade College Preparatory School. C’est enfin à St. John (St. Louis), que le Frère Maly servira le plus longtemps : il y enseigna en effet de 1974 à 1998, joignant ainsi au terme de sa mission.

Il avait pris très au sérieux l’appel à servir les jeunes élèves en leur enseignant la chimie. Lorsqu’il demanda en 1949 la permission de faire sa première profession, le Fr. Maly  écrivit  : » Des différentes catégories de membres dont est formée la Société de Marie, c’est celle des Frères enseignants que je crois avoir été appelé à rejoindre. » 

Il savait que les sciences et les mathématiques développaient le sens critique et la capacité d’évaluation de ses jeunes protégés et disait qu’il était un « élément constructeur » pour ses élèves, leur apprenant à « exercer leur habilité à résoudre les problèmes » en affrontant diverses épreuves pendant ses leçons de chimie. 

Toujours bien disposé envers son prochain, « il semblait toujours sur le point de sourire «  écrivit le biographe des jubilaires de 1999, l’année du cinquantième anniversaire de ses premiers vœux. Le Fr. Louis Mason disait que tous se souviendront du Fr. Maly comme « d’un homme au caractère dynamique,  au sourire contagieux, un homme qui a su accepter avec patience sa condition, pendant les longues années qu’il a vécues  sur une chaise roulante. »

Ses mauvaises conditions de santé l’avaient forcé à quitter l’enseignement.  Il fut accueilli par l’unité d’assistance aux malades de la résidence marianiste de l’université de St. Mary.  Puisse-t-il reposer en paix.

2003-05

La Province des Etats-Unis d’Amérique recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, LOUIS T. NEUGEBAUER, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 1 février 2003 à San Antonio, Texas, dans la 87ème année de son âge et la 68ème de sa profession religieuse.

Louis Neugebauer,  né le 2 février 1916 à San Antonio, fils de Louis et Marguerite Magott Neugebauer, avait quatre frères et trois sœurs. Après ses années d’école primaire passées chez les Sœurs de la Divine Providence à St Joseph, il étudia à l’Ecole Secondaire Centrale à San Antonio. Parmi ses activités parascolaires il faut citer sa participation à un groupe d’entraînement des officiers de réserve [ROTC] ainsi qu’à un club de tir ; il participait à la rédaction du Journal  et de l’Annuaire de l’école.

Sous l’influence du Frère Cyrille Kuehne et d’autres, le Frère Louis entra au noviciat Marianiste de Kirkwood, dans le Missouri, où il émit ses premiers voeux le 15 août 1935. Il prononça ses vœux définitifs le 17 juillet 1940. Il fit des études universitaires à Maryhurst et à l’Université Ste Marie, où il obtint en 1938 le diplôme de licencié en anglais.

Voici les établissements dans lesquels il a œuvré au cours de sa longue carrière d’enseignant : à savoir dans les deux établissements à Saint Louis, South Side High School (1938-43) et McBride High School (1944-46) ; ensuite au collège du Divin Rédempteur à Detroit (1943-1944). C’est en 1946 que débute pour lui cette très longue association avec le Collège Catholique Central (Central Catholic High School) qui ne se terminerait qu’en 1983, année où il prit sa retraite. Les branches qu’il enseignait étaient la religion, l’anglais, le latin et les questions sociales. Le Frère Louis a rendu également des services comme secrétaire et comme adjoint du comptable; il a été responsable de la réserve des manuels scolaires, également entraîneur à la boxe, et président de la section locale de la Croix Rouge d’Amérique, tout en coordonnant la pastorale des vocations et acceptant des responsabilités auprès des étudiants. Chaque été, pendant 14 années consécutives, il faisait partie du groupe des dirigeants du camp TECABOCA au Texas. Son dévouement ressort clairement d’un rapport qu’il envoya au Provincial au sujet de ses tâches de secrétaire. Sous la rubrique « Heures hebdomadaires », le Frère Louis a noté « la moindre minute que je pouvais trouver ». Une fois retraité, le Frère Louis restait actif comme professeur de remplacement à l’Ecole Catholique Centrale (Central Catholic) et en rendant service comme chauffeur et pour des tâches d’entretien dans le cadre de la communauté.

Sa présence discrète constituait un facteur positif dans la vie communautaire; elle renvoie, en  quelque sorte, à un passage de sa demande en vue de l’admission aux premiers vœux : « Je souhaite sincèrement être admis dans cette famille aimable qui s’efforce d’imiter la piété filiale du divin modèle et qui assiste la Mère Céleste dans son œuvre d’apostolat. »

En 2002, on diagnostiqua chez le Frère Louis un cancer de l’estomac auquel on tenta de remédier par une lourde opération. Comme ses forces déclinaient, il gagna la Résidence Marianiste à l’Université Ste Marie. Des complications de son cancer ont hâté son décès, qui est  survenu  la veille de son 87ème anniversaire. Qu’il repose dans la paix.

2003-04

La Province des Madrid recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, Jesús PUENTE, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 26 janvier 2003 à Madrid, dans la 59ème année de son âge et la 41ème de sa profession religieuse.

Jesús María Puente Sanz est né le 17 octobre 1944 à Monasterio de Rodilla, dans la Province de Burgos. Monasterio est un petit pays d´où sont originaires de nombreux marianistes. À douze ans il entre dans le Postulat marianiste de Valladolid; il appartient à une des premières promotions de cette maison de formation qui débuta peu après la division de l'Espagne en deux Provinces. Il fait le noviciat à La Parra, Province d'Ávila, et le 12 septembre de 1962 il prononce sa première profession des voeux dans la nouvelle chapelle de la même maison.

Il passé les quatre années suivantes comme scolastique à Carabanchel Alto et, de suite, il commence sa mission d'éducateur: un an, dans l'École Santa María del Pilar de Madrid et, deux ans, à Jerez de la Frontera. Il s`engage définitivement dans la Société de Marie le 5 septembre de 1967, en la fête de Marie Reine des Apôtres. En 1969 il commence ses études de Sciences Chimiques en étant membre de la communauté de la Résidence Universitaire Chaminade: ce sont des années difficiles pour l'Université espagnole qui vit les préludes du passage à la démocratie. En septembre de 1974, après avoir été un an à Ciudad Real, comme professeur de l'École, il assume la responsabilité de supérieur de la communauté. Il retourne à Madrid pour continuer ses études et, après un an, il passe comme responsable de la formation des postulants. En effet, ceux-ci ont été transférés de Valladolid à Carabanchel Alto. Il passe les années suivantes à Madrid et Valladolid.

En 1990, à 46 ans, il souffre d´une thrombose dont il ne se remet que très partiellement. Atteint d´une hémiplégie, il doit se déplacer en fauteuil roulant. Il conserve la parole mais beaucoup de ses expressions sont incohérentes. Ses efforts pour une bonne rééducation ne produisent pas l'effet désiré. Il doit être transporté à ces moments-là à l'infirmerie qui se trouve dans le bâtiment de l'Administration Provinciale, à Madrid. Il est totalement dépendant. Quand en 1994 s'installe la nouvelle infirmerie provinciale dans la communauté de Siquem, c'est un des premiers religieux à l'occuper.

Il conserve sa loquacité, son accueil aux visiteurs, ses souvenirs du passé dont la moitié sont vrais et l´autre moitié faux. Sa santé se détériore progressivement. C´est pratiquement dans le coma qu´il doit être transféré à l'Hôpital Doce de Octubre. Une nouvelle attaque cérébrale provoque une situation irréversible. Il décède le dimanche 26 janvier dans l'après-midi.

La vie est parfois très dure. Sa longue maladie, contractée à un âge précoce, fut pour lui une expérience difficile. La souffrance s'est faite compagne inséparable de voyage. Il l'a vécue dans la paix, sauf en quelques moments de révolte. Il lui coûtait d´assumer sa faiblesse. Pour nous aussi il est difficile de comprendre une incapacité tellement prolongée. Nous savons que le Fils incarné a partagé avec l'humanité la douleur et l'amertume; il ne les a pas évitées. Par sa vie il nous montra que la souffrance aussi est humaine et qu'elle est lieu de l'amour de Dieu. Mais notre foi est faible et il y a des expériences humaines qui nous sont pratiquement incompréhensibles.

Maintenant nous savons qu'il jouit de l'amour de Dieu et qu'il prie pour nous pour que nous sachions voir aussi le visage amoureux du Père dans les circonstances les plus difficiles de notre vie.

2003-03

La Région du Japon recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, HIDEICHI AUGUSTIN KOZASA, prêtre, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 16 janvier 2003 à Tokyo, dans la 88ème année de son âge et la 68ème de sa profession religieuse.

Augustin Hideichi Kozasa est né le 5 octobre 1915, de Ignatius Tatsuuemon et Clara Waki Kozasa, dans le secteur de Nagasaki appelé Urakami. Il entra comme postulant marianiste à l’école apostolique de St. Mary, à Urakami en 1928. Il fit son noviciat à Mitaka, non loin de Tokyo, et prononça ses premiers voeux le 1er avril 1935. De 1936 à 1939, il  suivit une formation spéciale à l’université de Tokyo, obtenant au terme de ses études un habilitation à l’enseignement de la langue japonaise. Entre 1939 et 1942, il enseigna le japonais dans les collèges de la Société de Marie à Osaka, Tokyo et Nagasaki. Hideichi Kozasa émit ses voeux définitifs le 29 juillet 1940. Il servit dans l’armée de 1942 à 1945. Une fois la guerre terminée, il entra à l’université de Jochi (Sophia), à Tokyo, où il fit des études pour se préparer sacerdoce. C’est en octobre 1949 qu’il entra à l’université de Fribourg, où il fut ordonné prêtre le 20 juillet 1952. Au terme des trois années d’études de théologie qu’il fit en Suisse, il retourna au Japon pour terminer sa formation auprès de la faculté de théologie de Jochi (Sophia). Il servit comme aumônier de la communauté religieuse et des étudiants à Gyosei, Tokyo, de 1952 à 1955, à Kosei (Sapporo) de 1955 à 1959, à Chaminade de 1959 à 1960 et à Kaisei, Nagasaki, de 1960 à 1963.

Le P. Kozasa fut nommé Provincial du Japon en août 1936, lorsque les “remous” du Concile Vatican II commençaient à rejoindre les côtes du Japon. Le pluralisme de la  pensée et de l’action étaient alors en pleine évolution. Se trouver à la barre d’un grand navire comme l’était la Province du Japon fut une tâche extrêmement délicate. L’un des aspects les plus difficiles de cette période fut le désaccord entre quelques religieux et les Responsables des établissements auxquels ils avaient été affectés. Cette situation fit beaucoup souffrir le P. Kozasa. Il renonça à son mandat comme Provincial en mars 1967 avant d’arriver à son terme. Envoyé au collège de Kosei, à  Sapporo, il y organisa un programme pour le dortoir des étudiants, aidant ainsi à mettre les bases de cet établissement en plein essor. Il fut ensuite nommé Directeur de la communauté religieuse de Kaisei et Directeur de son école. A la fin de son mandat, il retourna à Sapporo, avant de rejoindre la communauté de Sanwacho de Nagasaki en 1987. C’est à Chaminade, Tokyo, qu’il vivra à partir de 1991 l’automne de sa vie.

Passionné de sports depuis son enfance, il aimait beaucoup jouer au baseball. Bien que n’ayant jamais été formellement responsable d’une équipe de baseball, le P. Kozasa devenait, dans toutes les écoles dans lesquelles il servait, une sorte de conseiller sportif “non officiel.” En hiver comme en été, il fut un fidèle spectateur des entraînements de baseball,  toujours prêt à encourager les joueurs.

Le P. Kozasa était un homme simple et discret. D’un caractère aimable, il aimait parler avec tous ceux qu’il rencontrait. Il donnait une grande valeur à la prière personnelle. Il prit l’habitude, à la fin de sa carrière de professeur, de passer chaque jour quelques heures dans la chapelle. Une surdité progressive l’affligea les dernières années de sa vie ; c’est probablement pour cela qu’il ne se rendait pas compte de parler très fort, ce qui faisait parfois sursauter ceux qui priaient avec lui. Le P. Kozasa participa au “Mouvement Marial pour les Prêtres”, et attendait avec impatience les rencontres qui avaient lieu le premier samedi de chaque mois. Il remplaça l’an passé le modérateur responsable pour la Région de Tokyo qui avait été transféré dans une autre communauté. Malgré les difficultés que lui causait sa surdité, il continua à guider les Confrères qui faisaient partie de son groupe.

 Le P. Kozasa fut opéré d’un cancer du poumon en décembre 1995. Lors d’un contrôle médical, en novembre de l’année dernière, les médecins constatèrent que le cancer avait envahi non seulement ses poumons, mais qu’il avait également touché ses os. Au début du mois de décembre, ses souffrances rendirent nécessaire son hospitalisation. Il est décédé à l’hôpital, le 16 janvier de cette année, dans la paix du Seigneur.

2003-02

La Province des Madrid recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, ANTONIO FARRAS, prêtre, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 10 janvier 2003 à Madrid, dans la 92ème année de son âge et la 76ème de sa profession religieuse.

Antonio Farrás Esquivel est né le 2 novembre 1911 à Vitoria, dans la province d’Alava. Il entra au postulat au début de 1922, à Escoriaza (Guipúzcoa).  Il commença ensuite son noviciat le 3 novembre 1926, à Elorrio (Biscaye). L’année suivante, lorsqu’il n’avait encore que 16 ans, il prononça ses premiers voeux. Il émit ses voeux définitifs en 1936, le jour  de la Fête de Notre-Dame du Pilar. Il s’engagea ensuite dans l’armée lors de la guerre civile espagnole. 

Antonio se consacra à ses études pendant les premières années de sa vie religieuse, à Vitoria d’abord, puis à Ségovie. C’est à  Tetuan (Maroc) qu’il enseigne pour la première fois, sous la direction de celui qui deviendra le Bienheureux Carlos Eraña. Parti rejoindre le Service de santé de l’armée pendant la guerre, il reprend ses études universitaires tout de suite après, obtenant en 1940 une licence d’Histoire à l’université de Saragosse.  Se sentant appelé au sacerdoce, il entreprit des études de Théologie qu’il fit  à Vitoria et à Fribourg, où il fut ordonné prêtre  le 10 avril 1943.

C’est dans les collèges de Jerez, Valladolid et Madrid (El Pilar) que nous le retrouvons ensuite. Il fut Directeur de la communauté et Directeur du collège  à Madrid, de 1951 à 1960. Il collabora également comme aumônier dans le collège de religieuses marianistes qui se trouvait à une centaine de mètres du Pilar. Il fut secrétaire et archiviste de la Province de 1966 à 1990.  Une fois à la retraite, il rejoignit la communauté du collège du Pilar à Madrid où il demeura jusqu’au jour où il fut victime d’un épanchement cérébral: Il fut alors transféré à l’infirmerie de la Province, en 1996.

Il se rendit compte peu à peu qu’il avait perdu une grande partie de sa vitalité, et il lui fallut tout son courage pour accepter cette nouvelle situation. Il admettait, au cours de ses conversations fraternelles, les difficultés auxquelles il était confronté: “Combien de fois ai-je prêché la résignation chrétienne… comme il est difficile de la vivre lorsque l’on est frappé personnellement!”

Dans la communauté de Siquem, qui accueille les malades, il réussit, malgré de grandes difficultés auxquelles s’ajoute une surdité progressive, à garder courage et envie de vivre. Il lit beaucoup et avec enthousiasme. Ses forces l’abandonnent chaque jour un peu plus. Il a rejoint le Seigneur le 10 janvier au matin,  le jour de l’anniversaire de la mort d’Adèle de Trenquelléon.

Le P. Antonio a été l’une des personnes qui ont marqué l’histoire des premières années de la Province de Madrid. Religieux  d’une grande personnalité,  exigeant envers lui-même et envers les autres, il croyait profondément en sa vocation qu’il voulut vivre avec intensité, tout en gardant toujours le sens de ses limites.   

Poussé par son enthousiasme pour l’histoire, il approfondit ses études marianistes: l’un des nombreux ouvrages qu’il nous a laissés est une biographie très précise du P. Chaminade,  écrite en une série de chapitres brefs et accessibles à chacun ; ils ont été publiés, chapitre par chapitre, dans “Noticias,” le bulletin d’informations de la Province.

Nous avons retrouvé, après la mort du P. Antonio, une lettre qui est une sorte de compte-rendu de l’histoire de sa vie ; il  souhaitait qu’on la lise dans l’homélie de ses obsèques.  Ce texte est son testament spirituel, dans lequel il demande sincèrement pardon à ceux qui pourraient avoir souffert par sa faute.  Mais c’est surtout un remerciement pour sa vocation pour l’enthousiasme avec lequel il l’a vécue pendant toutes les années qu’il lui a été permis de consacrer à la mission. Il y a dans sa lettre un mot de remerciement et un souvenir affectueux pour chacun. Il y demande à tous ceux qui l’ont aimé de s’unir et de prier pour lui. Unissons-nous pour répondre à ce désir de notre cher P. Antonio.       

2003-01

La Province des Etats-Unis d’Amérique recommande à nos prières fraternelles notre cher Frère, CHARLES A. WALKE, décédé au service de la Très Sainte Vierge le 10 janvier 2003 à Rockaway Beach, New York, dans la 89ème année de son âge et la 71ème de sa profession religieuse.

Charles Walke est né le 12 mai 1914 à Muncie, Indiana, de Alois et Clara Clemons Walke, et il était l’un de leurs cinq enfants. Peu de temps après sa naissance, sa famille s’en alla vivre dans le sud-est de l’Indiana, où il fit ses études primaires dans les villes de Batesville, Greensburg et Morris ;  il fréquenta également la paroisse de St. Anthony, à Morris, pendant son adolescence.

C’est lorsqu’il était en quatrième que son conseiller spirituel, un ancien Frère marianiste, l’encouragea à penser à la possibilité, pour lui, de choisir la vie religieuse. Le Fr. Charles entra en juillet 1928 au postulat du collège de Mount St. John,  où il obtint son baccalauréat en 1931. Il y prononça également ses premiers voeux en 1932. C’est à l’université de Dayton qu’il émit en 1936 ses voeux définitifs.

Le Frère Charles était un Frère Ouvrier qui s’occupait de la ferme, des produits laitiers, et de l’entretien du matériel. Il travailla à Beacon (NY) de 1933 à 1941 et retourna ensuite à Mount Saint John pour y servir les six années suivantes. L’établissement de Cathedral Latin High School à Cleveland eut besoin de son aide en 1947 pour le travail d’entretien et pour la surveillance. Il y oeuvra pendant une année. L’année suivante, le Frère Charles offrit le même service à Chaminade High School, Dayton.

Il fut envoyé au noviciat marianiste de Marcy, New York, en 1949. Il y travaillera pendant 33 ans. C’est dans la communauté de Marcy que notre Frère Charles se sentit vraiment chez lui. C’est dans cette maison, qui prendra plus tard le nom de Bergamo East Retreat Center,  qu’il put vraiment exprimer et faire apprécier tout son amour pour le jardinage, la culture des fruits et légumes, le travail des champs.

Une fois à la retraite, en 1982, le Fr. Charles  vécut auprès de la communauté de Rockaway Beach, à New York ; il  continua à y  faire des travaux d’entretien, le jardinage et du travail de couture. “Sa présence fut trè appréciée dans notre communauté,” dit le P. Paul Landolfi,  Directeur de la communauté. “Il nous manquera et nous regretterons les grandes tomates qu’il faisait pousser chaque année.”

Le Frère Charles a célébré le 70ème anniversaire de sa profession religieuse en 2002. Après avoir souffert des conséquences d’une pneumonie et d’un caillot de sang dans sa jambe, il est décédé au Peninsula Hospital de Rockaway Park, New York. Qu’il repose en paix.